Le Youth Alliance for Agroecology and Climate (YAAC), en partenariat avec les Alumni du DAAD(Office allemand d’échanges universitaires), a lancé ce jeudi 16 octobre 2025 à Dakar un atelier de deux jours placé sous le thème :
« Une Afrique verte et résiliente : les anciens boursiers du DAAD, moteurs de la transition écologique et énergétique ».
Cette rencontre vise à renforcer l’engagement stratégique des anciens boursiers du DAAD et des jeunes leaders africains dans les processus de transition écologique et énergétique, en vue de bâtir une Afrique durable et résiliente.
Parmi les objectifs spécifiques de l’atelier figurent :
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La promotion de solutions endogènes pour une transition agroécologique et énergétique adaptée aux réalités africaines.
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L’analyse du rôle stratégique des ressources minières africaines dans la transition énergétique mondiale et la promotion d’une exploitation équitable, inclusive et socialement juste.
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Le renforcement du leadership des jeunes, des femmes et des personnes vulnérables, afin de favoriser leur participation active à l’élaboration des politiques environnementales.
Selon le document de présentation, la transition agroécologique et énergétique constitue un levier fondamental pour un modèle de développement durable, équitable et résilient. Toutefois, l’abondance des ressources fossiles sur le continent soulève des défis quant à leur intégration dans une stratégie de transition juste et progressive.
« L’Afrique subit plus qu’elle ne contribue »
Prenant la parole à l’ouverture, Alexandre Zoumman, coordinateur du projet et ancien boursier du DAAD, a salué la pertinence du thème qui, selon lui, « cristallise l’un des défis majeurs de notre époque ».
Il a rappelé que l’Afrique ne contribue qu’à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tout en étant le continent le plus touché par les conséquences du changement climatique.
« D’ici 2050, la température moyenne sur le continent pourrait augmenter deux fois plus vite que la moyenne mondiale », a-t-il averti, évoquant les sécheresses récurrentes, les inondations dévastatrices et leurs effets sur plus de 140 millions d’Africains.
De son côté, le Pr Aboubacry Kane, chef du département de biologie végétale de l’UCAD et spécialiste en agriculture biologique, a souligné le rôle central du DAAD dans la formation, la recherche et l’innovation en Afrique.
« L’Afrique n’a plus le choix : elle doit inventer son propre modèle de développement durable fondé sur la science, l’innovation et la solidarité », a-t-il déclaré.
Le chef de coopération de l’ambassade d’Allemagne au Sénégal, Cosjen Ohnesorge, a salué la dynamique du réseau des Alumni DAAD, qu’il a décrit comme « un vivier de chercheurs et de scientifiques engagés ».
Il a toutefois alerté sur un recul de la politique environnementale dans plusieurs pays africains, marqué par « un retour aux combustibles fossiles », tout en soulignant les progrès notables dans les technologies propres et la baisse du coût des énergies renouvelables.
Pour sa part, Damien Desquiens, chef de mission adjoint de l’Union européenne au Sénégal, a rappelé que la transition écologique constitue l’un des piliers du Pacte vert européen.
« Notre objectif est de renforcer les opportunités économiques et sociales pour que la jeunesse africaine prenne toute sa place dans la croissance et le développement durable du continent », a-t-il souligné.
Il a ajouté que l’Union européenne œuvre, au Sénégal comme ailleurs en Afrique, à renforcer la résilience agroécologique des communautés locales, dans le but de garantir une autosuffisance alimentaire durable.
La cérémonie d’ouverture a rassemblé un large éventail d’acteurs : chercheurs, universitaires, étudiants, doctorants et membres de la société civile, tous engagés dans la réflexion sur une Afrique plus verte et plus résiliente.
🖊️ Rédigé par Moctar Sissoko

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