Les leaders du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) ont tenu, ce mardi 10 février à Dakar, une conférence de presse consacrée à la situation nationale.
Prenant la parole au nom du collectif, le coordinateur du FDR, Oumar Sarr, a d’abord précisé que cette rencontre était programmée avant « les dramatiques événements » survenus la veille, lundi 9 février 2026, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Une journée qu’il qualifie de « date fatidique » appelée, selon lui, à marquer durablement la conscience nationale, en raison des violences enregistrées sur le campus universitaire.
Il a dénoncé une « violence inouïe » qui aurait fait de nombreux blessés et coûté la vie à l’étudiant en médecine Abdoulaye Ba. Pour Oumar Sarr, cette situation est « inacceptable », estimant que « la violence exercée sur des étudiants dont le seul tort est de réclamer le paiement de leurs bourses pour pouvoir étudier dans des conditions minimales de réussite est impardonnable ».
Dans un message adressé au peuple sénégalais, le coordinateur du FDR a appelé à une mobilisation citoyenne. « Peuple sénégalais, l’heure est à l’action. Citoyennes, citoyens, travailleurs et jeunes du Sénégal, l’heure n’est plus à l’observation ni à la dénonciation, mais à la résistance concrète. Le temps est venu de se lever et de dire non », a-t-il lancé.
Sur le plan économique, Oumar Sarr a dressé un tableau sombre de la situation du pays. Selon lui, « l’immense espoir de changement nourri par une majorité de Sénégalais se transforme en cauchemar ». Il accuse le gouvernement d’« incompétence » et affirme que « l’économie du pays est plongée dans un gouffre sans fond ». Il dénonce notamment un « matraquage fiscal constant » qui, selon lui, « étouffe les citoyens et paralyse les secteurs productifs », dans un contexte marqué par la cherté de la vie, la précarité de l’emploi et les difficultés sociales croissantes.
Abordant la question de la sécurité nationale, le coordinateur du FDR a évoqué les récentes attaques par rançongiciels visant des services de l’État, notamment la DGID et la DAF. Il estime que ces incidents traduisent « l’échec du gouvernement sur des questions d’intérêt national ». Le FDR réclame ainsi la mise en place « immédiate » d’une commission d’enquête incluant les partis politiques, la société civile, la Commission des données personnelles (CDP) et la Commission électorale nationale autonome (CENA), afin de situer les responsabilités et d’évaluer les conséquences des failles de sécurité relevées dans les systèmes liés aux cartes d’identité, passeports et cartes d’électeurs.
Sur le plan judiciaire, Oumar Sarr a dénoncé ce qu’il qualifie de « chaos institutionnel », accusant l’exécutif de s’immiscer dans le fonctionnement de la justice. Il évoque notamment le cas du député Farba Ngom, estimant que « la justice est confisquée au profit d’un projet de vengeance personnelle contre des leaders de l’opposition ». Selon lui, le ministre de la Justice se comporterait « en procureur » pour maintenir en détention « un homme libéré par le juge ».
À travers cette conférence de presse, le FDR dit vouloir alerter l’opinion nationale sur ce qu’il considère comme une dégradation continue de la situation économique, sécuritaire et institutionnelle du pays.
Moctar Sissoko,iratv.net

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