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Litige foncier à la Cité Cheikh Amar : les résidents dénoncent un « détournement » des espaces publics au profit du promoteur

 

Iratv.net:Un vent de contestation souffle sur la Cité Cheikh Amar, un projet résidentiel lancé en 2008 par l’homme d’affaires Cheikh Amar. Regroupés au sein de l’Association des Résidents de Touba Almadies (ARTA), les habitants dénoncent aujourd’hui de graves violations du contrat initial par le promoteur immobilier TRE, filiale de Cheikh Amar.

À l’origine, la cité devait offrir un cadre de vie moderne et complet, avec des villas, une école, un poste de santé, une mosquée, des espaces verts ainsi que des infrastructures de voirie et d’assainissement. Ces engagements figuraient noir sur blanc dans les contrats de réservation signés entre le promoteur et les acquéreurs.

Cependant, selon l’ARTA, ces promesses sont loin d’être tenues. Le promoteur aurait détourné la destination des espaces collectifs, en projetant notamment la construction d’un immeuble de 12 étages à l’emplacement prévu pour une école et un dispensaire. Pire encore, les équipements publics auraient été morcelés et vendus à des fins spéculatives, sans que les infrastructures promises ne soient réalisées.

Depuis 2016, les résidents alertent les autorités compétentes, sans succès. L’association rappelle que le transfert des équipements au domaine public n’a jamais été effectué, que les obligations en matière de voirie, d’assainissement et de raccordement à l’ONAS sont restées lettre morte, et que plusieurs courriers d’alerte sont restés sans réponse. Par ailleurs, un arrêté ministériel autorisant le morcellement des équipements collectifs, pris en 2019 sans concertation, fait aujourd’hui l’objet d’un recours devant la Cour suprême.

Face à cette situation, une plainte pénale a été déposée en février 2022, dénonçant une fraude préjudiciable aux résidents qui ont investi de bonne foi dans ce projet.

L’ARTA lance un appel solennel à l’État pour une intervention urgente afin de mettre fin à ces abus, rétablir la légalité, protéger les droits des résidents et restaurer les équipements publics promis. « Il en va du respect des engagements contractuels, de la dignité des citoyens et de l’avenir de l’aménagement urbain », insiste l’association.

Abdou Thiam DOGO