Ce vendredi 26 septembre 2025, le Bureau Exécutif National (BEN) du Syndicat Autonome des Enseignants du Moyen et Secondaire du Sénégal (SAEMSS) s’est réuni au siège du syndicat, à Dakar. Au cœur des discussions, l’évaluation du bilan syndical de l’année scolaire 2024-2025, mais surtout la mise en place de stratégies concrètes pour la protection des femmes enseignantes contre le harcèlement et la violence en milieu scolaire, conformément aux dispositions de la Convention 190 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).
Mme Rocky Daba Mbodji, Présidente de la Convention Nationale des Femmes du SAEMSS, a fait une sortie remarquée en revenant sur la quintessence de cette rencontre. Elle a tenu à attirer l’attention sur la situation préoccupante des femmes dans les établissements scolaires sénégalais. « Nous savons aujourd’hui que les dames sont les plus exposées à la violence en milieu scolaire », a-t-elle déclaré, soulignant que l’agression physique et psychologique, ainsi que les actes de harcèlement, sont devenus monnaie courante pour beaucoup d’enseignantes.
Mme Mbodji a également insisté sur l’importance de garantir un environnement de travail sécurisé et stable psychologiquement pour les femmes enseignantes. « Il est essentiel que ces femmes puissent exercer leur fonction dans la dignité et l’épanouissement, surtout dans un contexte où elles sont encore victimes de persécutions, que ce soit sous la forme d’agressions ou de diffamations via les réseaux sociaux. »
Elle a par ailleurs affirmé la position ferme du SAEMSS : le syndicat se joint aux voix des organisations qui demandent au gouvernement sénégalais une rectification effective de la Convention 190, afin que la protection des femmes professionnelles, et particulièrement enseignantes, soit renforcée dans les établissements scolaires.
La présidente a déploré les difficultés quotidiennes auxquelles font face les enseignantes, qu’elle a qualifiées de « gravissimes ». Elle a évoqué des cas d’agressions physiques, de harcèlement psychologique, mais aussi la diffusion malveillante d’images et montages sur leur vie privée, qui portent atteinte à leur image et à leur rôle familial.
Selon Mme Mbodji, la situation alarmante touche toutes les régions du pays, privant ainsi les familles de toute sérénité quant à la sécurité de leurs proches dans les écoles. « Pour un pays comme le Sénégal, il est fondamental de mettre en place toutes les conditions nécessaires pour garantir la sécurité des lieux de travail », a-t-elle insisté.
Autre point sensible soulevé lors de la réunion : l’usage des téléphones portables dans les établissements scolaires. Mme Mbodji a critiqué la position restrictive du ministère de l’Éducation nationale qui interdit l’usage des portables, tout en prônant l’introduction de technologies modernes telles que l’intelligence artificielle dans les apprentissages. « On ne peut pas d’un côté vouloir intégrer ces nouvelles technologies et de l’autre interdire un objet que les élèves possèdent déjà », a-t-elle fait observer. Elle appelle plutôt à la mise en place d’un encadrement réglementé et démocratique de l’utilisation des téléphones dans les écoles et les salles de classe.
En conclusion, le SAEMSS réaffirme sa volonté de faire entendre la voix des enseignants face aux véritables enjeux du système éducatif sénégalais. Les urgences, a rappelé Mme Mbodji, ne se situent pas dans le contrôle des téléphones portables en classe, mais dans la protection des personnels éducatifs et dans l’amélioration globale des conditions de travail.
*Reportage : Tina Sow (stagiaire)*

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