Lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier « Une Afrique verte et résiliente », qui se tient à Dakar du 16 au 17 octobre, Alexandre Zoumman, coordinateur du projet des alumni DAAD, a souligné les immenses opportunités que représente la transition écologique pour le continent africain.
« Ce thème est bien plus qu’un simple sujet, il incarne l’un des défis majeurs auxquels nous faisons face aujourd’hui », a déclaré M. Zoumman, insistant sur le rôle clé des jeunes Africains et des anciens bénéficiaires du programme d’échanges DAAD dans cette dynamique. L’atelier vise à mettre en lumière les bénéfices d’une Afrique durable, résiliente et équitable, capable de faire face aux bouleversements climatiques et énergétiques mondiaux, alors même que l’Afrique ne contribue qu’à 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Le coordinateur a rappelé les conséquences dramatiques du changement climatique sur le continent : sécheresses récurrentes affectant plus de 140 millions de personnes, inondations catastrophiques, insécurité alimentaire qui touche 282 millions d’individus, ainsi que les déplacements massifs de populations estimés à 86 millions d’ici 2050. Parallèlement, 43% des Africains, soit 60 millions de personnes, demeurent privés d’électricité.
« Ce déficit énergétique constitue à la fois un défi et une opportunité », a-t-il affirmé, plaidant pour une refonte du système énergétique africain fondée sur des énergies propres, décentralisées et résilientes. Selon lui, la transition écologique n’est plus une option, mais un impératif incontournable. Elle doit être humaine, inclusive et équitable, en accordant une place centrale à la justice climatique. « Les jeunes, les femmes – qui représentent plus de 60% de la population continentale – ainsi que les communautés vulnérables doivent être non seulement impliqués, mais aussi bénéficier directement de cette transformation », a-t-il insisté.
Alexandre Zoumman a également salué la contribution des alumni DAAD, ces talents formés en Allemagne et en Afrique, qui reviennent sur le continent en véritables agents de changement et innovateurs. « Investir dans l’enseignement supérieur est essentiel pour bâtir un pont durable entre peuples et renforcer les capacités locales, en préparant les leaders de demain à relever les défis mondiaux avec rigueur scientifique et vision stratégique », a-t-il ajouté.
Enfin, il a exprimé la gratitude des participants envers la République fédérale d’Allemagne et son engagement dans la formation des jeunes africains, citant l’exemple de l’Allemagne, dont 50% de l’énergie provient aujourd’hui de sources renouvelables. « Ce modèle démontre qu’un pays industriel avancé peut concilier croissance, innovation et responsabilité environnementale », a conclu M. Zoumman.
L’Union européenne, de son côté, soutient également la mobilité académique à travers des programmes comme Erasmus+ et Intra-Africa, renforçant ainsi la coopération intercontinentale. « Le chemin à parcourir est immense, mais l’espoir est réel, car ici se trouvent des femmes et des hommes capables de réinventer nos systèmes, restaurer nos écosystèmes et inspirer les générations futures », a-t-il affirmé.
L’atelier organisé avec le soutien du ministère fédéral allemand de la Coopération et du Développement et de la DAAD s’achève sur un appel à l’unité : « L’Afrique sera vaine, innovante et inclusive, ou elle ne répondra pas aux attentes de nos générations à venir. Ce futur, nous devons le construire ensemble, Africains, Allemands et Européens, unis autour d’une vision commune d’une planète vivante, équitable et durable pour tous », a conclu Alexandre Zoumman.
Moctar Sissokho,iratv.net

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