**Keur Massar Sud, mardi 3 février 2026** — Une vive tension règne ce mardi dans la cité La Linguère du quartier Kangué 2, dans la commune de Keur Massar Sud. Les habitants ont organisé une conférence de presse pour dénoncer l’appropriation d’un espace vert autrefois réservé à la population, désormais transformé en chantier pour la construction de toilettes publiques par le projet de l’ONAS au sein même de l’école élémentaire de la cité.
Selon les habitants, cet espace vert figurait clairement dans le plan urbain présenté à la presse, destiné à offrir un lieu de détente et de loisirs aux résidents. Or, l’installation de sanitaires scolaires dans cet espace, sans concertation préalable, a suscité une forte contestation.
**Une population en colère**
« Avant toute prise de décision, il faut consulter les habitants et recueillir leur avis », dénonce Ndèye Mariane Faye, représentante des femmes de la cité La Linguère. Elle souligne également le déficit d’espaces de jeux pour les enfants et les risques d’inondation dans les prochaines années si la gestion urbaine ne s’améliore pas.
Sémou Diop, un autre résident, appelle les autorités, en particulier le Préfet et son sous-préfet, à interrompre les travaux pour respecter les droits des habitants. « L’État doit prendre ses responsabilités », insiste-t-il.
La jeunesse locale, par la voix de son représentant, soutient ces revendications et exhorte les autorités à impliquer le comité de quartier présidé par Babacar Faye, détenteur de documents légaux confirmant que le terrain appartient bien à la cité Kangué 2.
**Une école déplacée et des ambiguïtés persistantes**
Les habitants rappellent que l’école élémentaire installée sur cet espace aurait dû être implantée dans la commune voisine de Darou Salam. Ce déplacement qui avait motivé l’utilisation du terrain avait pour but d’éviter que la zone ne devienne un dépotoir et de clore l’espace.
Toutefois, certains habitants expriment de forts doutes quant aux intentions réelles derrière la construction des toilettes. Selon MOR Gueye, un leader communautaire, « l’absence du délégué de quartier à cette réunion suggère qu’il y a anguille sous roche ». Il soupçonne que ce projet dissimule en fait la construction prochaine d’un collège d’enseignement moyen (CEM).
**Des travaux suspendus et repris**
La Direction de l’Education, DESCOS, est récemment intervenue pour suspendre les travaux. Mais, à la surprise générale, ceux-ci ont repris sans que l’ONAS ne communique officiellement. Selon MOR Gueye, c’est au directeur de l’école d’éclaircir la situation « avec honnêteté ».
**Appel à l’intervention des plus hautes autorités**
Les habitants s’adressent au Président de la République et au Ministre de l’Éducation nationale afin qu’ils veillent au respect de leurs droits et à la préservation de cet espace vert. Ils demandent que justice soit faite et que soit préservée la qualité de vie des enfants et des familles de la cité La Linguère.
**Abdou Thiam Dogo**

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