Le ton est ferme et la détermination affichée. Le collectif des maraîchers de Warouwaye a tenu, ce jeudi 19 février 2026, une conférence de presse pour dénoncer ce qu’il considère comme une grave injustice foncière affectant ses terres agricoles situées dans la commune de Malika.
Face aux journalistes, les représentants du collectif, dont Amadou Badiane, ont dressé un tableau qu’ils jugent préoccupant. Ils évoquent une situation « alarmante », marquée par des décisions administratives et des procédures qu’ils estiment contraires à leurs droits historiques.
Un patrimoine agricole ancestral fragilisé
Selon les maraîchers, les parcelles concernées sont exploitées depuis plusieurs générations. Héritées de leurs aïeux, ces terres auraient été officiellement attribuées avec l’appui des services des eaux et forêts dans le cadre d’un programme de réhabilitation de la zone.
À partir de 2010, des aménagements en gradins auraient été réalisés afin de renforcer l’exploitation agricole, notamment dans les zones inondables de la banlieue dakaroise, autour du lac Wouye.
« Nous ne sommes pas des occupants illégaux. Nous sommes des enfants du pays », ont martelé plusieurs intervenants, rejetant les accusations selon lesquelles des « étrangers » occuperaient irrégulièrement ces espaces.
Le collectif met en cause des décisions prises sous l’ère de l’ancien président Macky Sall, notamment des décrets ayant abouti à la cession de concessions dans les zones littorales de Guédiawaye, en passant par Yeumbeul et Malika.
Certaines familles, comme les Ndiobene, affirment avoir vu leurs terres transformées en assiettes foncières attribuées au syndicat des impôts et domaines. D’autres, à l’image de la famille Mandiaye Mbaye, soutiennent que leurs parcelles n’avaient même pas encore été aménagées avant les réaffectations intervenues.
Les maraîchers dénoncent également des arrêts de travaux, des convocations administratives et des procédures judiciaires visant plusieurs membres du collectif.
Le soutien du député Guy Marius Sagna
La rencontre avec la presse s’est déroulée en présence de l’honorable député Guy Marius Sagna, venu témoigner sa solidarité aux exploitants agricoles.
Prenant la parole, le parlementaire a estimé que « nul ne peut intimider des citoyens dans l’exercice légitime de leur activité agricole », appelant à la protection des droits fonciers des populations et à l’instauration d’un dialogue franc avec les autorités compétentes.
Une demande pressante de concertation
Les maraîchers affirment avoir saisi les plus hautes autorités de l’État, notamment le Président de la République et le Premier ministre, afin d’alerter sur l’urgence de la situation. Ils réclament la révision du décret présidentiel contesté ainsi que la mise en place d’un projet de réaménagement participatif et inclusif.
Après une mobilisation marquée par une importante réunion publique tenue le 1er mai 2024, le collectif maintient la pression et exige une solution durable garantissant la sécurité foncière des familles concernées.
Pour les maraîchers de Warouwaye, l’enjeu dépasse le simple cadre foncier : il s’agit de préserver un héritage familial, de protéger une activité agricole vitale et de contribuer à la sécurité alimentaire de la région.
Abdou Thiam Dogo

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