La commémoration de la naissance du professeur Cheikh Anta Diop a été célébrée ce lundi 29 décembre 2025 à Dakar, autour du thème central « Souveraineté africaine et recomposition géopolitique ». Une rencontre qui a réuni chercheurs, artistes, étudiants et citoyens, avec pour ambition de replacer la pensée du célèbre intellectuel sénégalais au cœur des débats contemporains sur l’avenir du continent.
Cette commémoration visait à réinscrire l’héritage intellectuel de Cheikh Anta Diop dans les enjeux actuels de souveraineté africaine, tout en favorisant un espace de dialogue et de réflexion collective. L’événement était organisé par la Marche internationale Dakar–Thieytou et le mouvement Karbone 14, en collaboration avec le Grand Théâtre national, dans une dynamique de promotion d’une citoyenneté intellectuelle active, ancrée dans l’héritage africain.
Président du comité d’organisation et coordonnateur de la marche Dakar–Thieytou, Nicolas Boissy a rappelé que cette commémoration « intervient dans un moment crucial de l’histoire du continent africain, marqué par une recomposition géopolitique mondiale et de nouveaux équilibres de pouvoir ». Selon lui, l’Afrique se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, confrontée à la fois à des défis majeurs et à des opportunités inédites. « La question centrale demeure : quelle souveraineté voulons-nous pour l’Afrique ? », s’est-il interrogé.
Pour M. Boissy, la pensée de Cheikh Anta Diop reste une véritable boussole intellectuelle, scientifique et politique. Il a insisté sur le fait que la souveraineté commence par la maîtrise de l’histoire, du savoir et de la conscience de soi. Soulignant la portée politique et panafricaine de l’œuvre du savant, il a estimé que « le panafricanisme demeure aujourd’hui encore une réponse pertinente face à la fragmentation, à la dépendance et à la marginalisation du continent ».
Dans cette perspective, il a lancé un appel solennel à l’État et aux décideurs publics pour une intégration pleine et entière des œuvres de Cheikh Anta Diop dans les curricula, de l’enseignement secondaire à l’université. « Il est impératif que les jeunes Africains étudient leur histoire à partir de références africaines, afin de penser le monde depuis l’Afrique et non uniquement sur l’Afrique », a-t-il plaidé, affirmant que Cheikh Anta Diop « n’appartient pas au passé, mais demeure une présence vivante dans les combats actuels pour la dignité et la souveraineté africaine ».
Représentant le président de l’Assemblée nationale, l’honorable député Aliou Sène, président de la Commission culture et communication, a salué l’initiative et rendu un hommage appuyé à l’un des précurseurs du panafricanisme contemporain. Il a rappelé que Cheikh Anta Diop, historien, anthropologue, scientifique et penseur politique, a profondément marqué son époque en remettant en cause les théories dominantes et en affirmant que l’Afrique est le berceau de l’humanité.
« Son œuvre est un appel à la souveraineté africaine et à la prise en main de notre destin collectif », a déclaré le parlementaire. Face aux défis actuels — pauvreté, inégalités, conflits et changements climatiques — il a exhorté les Africains à s’inspirer de cette pensée pour renforcer l’intégration continentale, promouvoir la coopération et défendre les intérêts communs de l’Afrique sur la scène internationale.
Moctar Sissoko

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