Dans le cadre des préparatifs du grand salon de l’intelligence artificielle en Afrique, Dakar a abrité ce jeudi 9 octobre 2025 un panel de haut niveau sur le thème : « Intégration de l’IA dans l’éducation : enjeux, défis et solutions ». Cet événement s’inscrit dans la dynamique du prochain SALTIS, prévu du 25 au 26 novembre 2025 au Musée des Civilisations Noires, sous la thématique : « Intelligence artificielle et souveraineté : une ambition africaine pour un futur éthique, durable et compétitif ».
Depuis sa création en 2022, SALTIS est devenu le plus grand rendez-vous africain dédié à l’intelligence artificielle et à l’innovation technologique. Il rassemble chercheurs, entrepreneurs, institutions, startups et investisseurs autour d’un objectif commun : faire de l’Afrique un acteur majeur de la révolution numérique mondiale.
Ouvert par Wedji Kane Dia, coordinatrice générale de SALTIS et cofondatrice de l’Institut des Algorithmes du Sénégal (IAS), le panel a permis de donner la parole à plusieurs experts afin d’exposer leurs visions. Selon Mme Kane Dia, « l’intelligence artificielle est déjà omniprésente dans notre quotidien. Il s’agit d’introduire cette technologie de manière progressive dans l’éducation, en évitant la dépendance numérique tout en tirant parti de ses bénéfices. Nous avons abordé l’humanisation de l’IA ainsi que les risques liés à une utilisation non réfléchie ».
Le Dr Mamane Garba, manager au CIGASS, a expliqué l’importance du travail souverain effectué durant toute l’année, notamment pendant la saison des pluies, en accompagnant patients et agents de santé via l’analyse des données récoltées sur le terrain.
Cheick Mbow, secrétaire général de la COSYDEP, a rappelé les progrès du Sénégal dans le domaine de l’intelligence artificielle : « Lors de la première édition du salon, le Sénégal était 15e sur le continent en terme de préparation à l’IA. En 2023, il est passé à la 7e place et nous espérons bientôt atteindre la 4e ».
Enfin, Ndiaye Dia, directeur de la stratégie et des évaluations du SALTIS et président de l’IAS, a souligné l’importance d’une intégration maîtrisée et humanisée de l’IA dans l’éducation. « Il est essentiel que les enseignants disposent d’outils pour préparer leurs cours et évaluer différemment, tandis que les élèves doivent pouvoir apprendre en s’appuyant sur l’IA tout en restant acteurs de leur parcours ».
Dans la perspective de démocratiser l’intelligence artificielle à l’échelle nationale, le SALTIS lancera à l’issue de l’édition 2025 l’initiative « Canal IA », une caravane qui fera le tour du Sénégal. Chaque mois, elle s’installera dans une région pour y organiser ateliers et formations, afin d’étendre l’accès à l’IA au-delà de Dakar, couvrant secteurs de l’éducation, de la santé, des collectivités locales, des finances, etc.
Cette démarche vise à permettre à tous, même dans les zones rurales, d’accéder aux opportunités offertes par l’intelligence artificielle, pour améliorer le diagnostic médical, faciliter l’apprentissage ou accompagner le développement économique des territoires.
Moctar Sissoko

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