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DÉCLARATION DU CERCLE DES CADRES DE LA RÉPUBLIQUE DES VALEURS (CECAR) Sur l’acquisition de véhicules de prestige destinés aux députés

Dakar,07 janvier 2026:Le Cercle des Cadres de la République des Valeurs (CECAR) tient à alerter l’opinion nationale sur la gravité de l’opération d’acquisition de véhicules de prestige destinés aux députés de l’Assemblée nationale.
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement une simple controverse administrative. Il s’agit d’une question fondamentale touchant à la conception de l’État, à la morale publique, à la gestion des ressources nationales et au respect des principes de transparence et de redevabilité.
Le 4 janvier dernier, le Président de l’Assemblée nationale a confirmé la livraison d’un premier lot de 76 véhicules Toyota Prado 4×4. Ces véhicules ne sont ni des ambulances, ni des engins de secours, ni des équipements scolaires ou hospitaliers. Ils relèvent du luxe institutionnel, dans un pays où des millions de citoyens peinent à accéder à l’eau, à l’électricité, à l’éducation et à la santé.
Les informations disponibles indiquent que :
le coût de l’achat direct serait d’environ 4,9 milliards FCFA ;
le recours à la location longue durée porterait la facture à près de 6,8 milliards FCFA,
soit un surcoût d’environ 1,9 milliard FCFA, sans création de patrimoine public à la fin du contrat.
Aucune publication claire de la ligne budgétaire correspondante, aucune transparence sur la procédure de passation du marché, ni sur l’identité du fournisseur, les prix unitaires ou les modalités de paiement n’ont été mises à la disposition des citoyens.
Tout indique par ailleurs que ce marché aurait été conclu selon une procédure d’urgence et par appel d’offres restreint, dans un secteur pourtant fortement concurrentiel. Le CECAR s’interroge :
Quelle urgence nationale justifiait une telle procédure ?
Qui a décidé, selon quels critères et sous quel contrôle ?
Où est la traçabilité budgétaire et institutionnelle exigée par la loi ?
Pendant que des responsables circulent dans des véhicules haut de gamme, le Sénégal ne dispose que d’environ 79 ambulances et 74 engins d’incendie pour l’ensemble du territoire national, alors que des centaines de citoyens meurent chaque année faute de secours rapides et correctement équipés.
Le CECAR rappelle avec force que :
un mandat n’est pas un privilège, mais une charge ;
la dignité d’un élu ne se mesure ni au standing de son véhicule ni à son confort matériel ;
une République se gouverne par le droit, la preuve et la transparence, non par l’opacité et la confiance aveugle.
En conséquence, le CECAR exige :
la publication immédiate et intégrale de toutes les informations liées à ce marché ;
un audit indépendant couvrant le vote budgétaire, la procédure de passation et l’exécution du marché ;
une clarification précise des responsabilités administratives et politiques ;
une rupture claire avec la banalisation du luxe public, au profit des services sociaux vitaux.
L’affaire des véhicules n’est pas un détail. Elle est un révélateur. Lorsque l’institution chargée de contrôler l’action publique perd en crédibilité, c’est la démocratie elle-même qui vacille.
Le peuple sénégalais a le droit de savoir.
Le peuple a le droit de contrôler.
Et ceux qui engagent des milliards de francs CFA au nom de la collectivité doivent rendre des comptes.
Le CERCLE DES CADRES DE LA RÉPUBLIQUE DES VALEURS ne se taira pas.
Au-dessus des privilèges, au-dessus des conforts institutionnels, il y a le Sénégal.
Abdou Thiam Dogo