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Guinée : les forces vives appellent à une transition civile et au retour à l’ordre constitutionnel

 

Ce vendredi 26 septembre, à Dakar, les forces vives de la République de Guinée ont tenu une conférence de presse pour exiger une transition civile et réaffirmer leur volonté de voir rétabli l’ordre constitutionnel dans leur pays. Cette prise de position intervient après l’adoption controversée d’un projet de nouvelle Constitution, approuvé à 89 % lors du référendum organisé dimanche dernier, selon les résultats provisoires annoncés mardi. Ce texte ouvre la possibilité au chef de la junte, le général Mamady Doumbouya, de briguer la présidence.

Quatre ans après la prise de pouvoir par des militaires rassemblés au sein du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), le 5 septembre 2021, la société civile guinéenne concentre ses critiques sur cette nouvelle Loi fondamentale considérée comme un moyen pour la junte de pérenniser sa mainmise sur le pays.

La conférence de presse s’est ouverte avec l’intervention de Samba Loum, membre du collectif Y’en a marre. Il a rappelé que la demande d’une marche pacifique contre le régime militaire, déposée la semaine passée à Dakar, avait été refusée par le préfet. Une nouvelle demande a été déposée pour une manifestation ce dimanche 28 septembre.

Omar Diallo, porte-parole du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), a quant à lui rejeté en bloc la junte, le Conseil électoral et le référendum qu’ils ont organisés. « Nous ne reconnaissons pas la junte de Mamady Doumbouya. Ce référendum, massivement boycotté à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, est une imposture », a-t-il déclaré. Il a dénoncé « la dictature exercée par le général Doumbouya et son CNRD sur le peuple guinéen. »

Ibrahima Sow, chargé de la communication de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), a insisté sur trois points cruciaux. D’abord, il a qualifié le référendum de « non-vote », affirmant que le peuple guinéen a rejeté ce projet constitutionnel destiné à confisquer sa souveraineté. Ensuite, il a dénoncé la volonté manifeste du CNRD de maintenir le pouvoir en place, notamment à travers une charte de transition imposée unilatéralement, excluant toute participation des partis politiques et de la société civile.

Enfin, il a lancé un appel à la mobilisation et à la marche pacifique prévue dimanche à Dakar : « Nous devons nous lever massivement pour dire non à la confiscation de la volonté populaire, non à la dictature, oui à la démocratie, à la liberté et à la protection des droits humains. »

Seydou Diallo, représentant du parti MoDel, a quant à lui rappelé la nécessité de la libération immédiate de tous les détenus politiques.

Un front uni se dresse ainsi contre la consolidation du pouvoir militaire en Guinée, soutenant une transition placée sous l’égide d’autorités civiles et réclamant le retour à un ordre constitutionnel respectueux de la souveraineté populaire.
Moctar Sissokho