Dakar, 22 décembre 2025 – L’Institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh Anta Diop (IFAN-UCAD), en collaboration avec la Direction des Affaires Culturelles et Scientifiques (DACS), a organisé ce lundi une table ronde scientifique dédiée à la présentation du livre « Cheikh Anta Diop par lui-même : itinéraire, pensées, confidences, opinions et combats ». Cet ouvrage, fruit des recherches de l’enseignant-chercheur en histoire Khadim Ndiaye, propose une lecture renouvelée de la pensée du célèbre intellectuel Sénégalais.
Comptant 343 pages et 40 thématiques, ce livre se distingue par une approche originale : il ne se limite pas aux écrits conventionnels de Cheikh Anta Diop, mais rassemble également des propos épars tirés de conférences, interviews, débats, et autres archives rares. « J’ai entrepris ce travail pour répondre à mes propres interrogations, expliquer Khadim Ndiaye. Je souhaitais aller au-delà des ouvrages et articles déjà connus, explorer d’autres sources pour mieux comprendre la richesse de sa pensée. »
Selon l’auteur, l’œuvre publiée ne restitue que 80 % des idées du Maître, Cheikh Anta Diop lui-même ayant regretté de ne pas avoir eu le temps de retravailler certains de ses écrits. Afin de combler ces lacunes, Khadim Ndiaye s’est appuyé sur des discours en français, anglais, et même en wolof, qu’il a minutieusement analysés. « Ces 20 % restants sont essentiels pour appréhender les nuances et l’évolution dynamique de sa pensée », explique-t-il, soulignant aussi que cette démarche lui a permis de réfuter certaines idées fausses et de mieux situer la filiation intellectuelle du grand historien.
L’enseignant-chercheur a également précisé que l’ouvrage a nourri ses propres travaux et lui a offert une approche renouvelée. « J’ai pu contredire certaines interprétations à la lumière de ces nouvelles sources », affirme-t-il.
Enfin, Khadim Ndiaye a adressé un message fort à la jeunesse sénégalaise : « Comme le disait Cheikh Anta Diop, il faut s’armer de science jusqu’au don. La formation scientifique et technologique est aujourd’hui primordiale pour que nos jeunes puissent rivaliser avec les meilleurs chercheurs à travers le monde. »
Il conclut sur une note encourageante : « Je constate une volonté grandissante, notamment chez les jeunes, de mieux connaître Cheikh Anta Diop et son héritage intellectuel. C’est très prometteur pour l’avenir. »
Moctar Sissoko

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