La Place du Souvenir Africain, la Chaire de la Renaissance africaine et le département d’Histoire de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) ont commémoré, ce mercredi 4 février 2026 à Dakar, les 40 ans de la disparition du Pr Cheikh Anta Diop.
Placée sous le thème : « L’intégration de l’œuvre et de la pensée paradigmatique du Pr Cheikh Anta Diop dans les systèmes éducatifs : modèles formels, non formels et informels », cette cérémonie a rassemblé étudiants, chercheurs, enseignants et acteurs culturels autour de l’héritage intellectuel du savant sénégalais.
Ouvrant la rencontre, l’administratrice générale de la Place du Souvenir Africain, Ngakane Gning Diouf, a salué la mémoire d’un homme dont la pensée demeure vivante et actuelle. Selon elle, cette commémoration va bien au-delà du simple devoir de mémoire. « Quarante ans après sa disparition physique, sa pensée continue de nous interpeller. Célébrer Cheikh Anta Diop, ce n’est pas seulement rappeler son immense contribution scientifique, c’est surtout promouvoir et intégrer son œuvre dans nos systèmes éducatifs », a-t-elle déclaré, rendant un hommage appuyé au scientifique africain.
De son côté, le président de la Chaire de la Renaissance africaine, le Pr Bouba Diop, a insisté sur la portée continentale de la pensée de Cheikh Anta Diop. Il a rappelé l’engagement de la Chaire dans les initiatives visant à faire vivre cet héritage à l’échelle africaine et afro-descendante. « Malgré les efforts de grands penseurs et activistes africains, notre continent reste confronté à des conflits, des dominations et des exploitations. La pensée de Cheikh Anta Diop demeure une lumière pour comprendre notre passé, éclairer notre présent et préparer notre futur », a-t-il soutenu.
Représentant le recteur de l’UCAD, Pierre Mbid Hamoudi Diouf, qui présidait la cérémonie, a souligné l’importance scientifique et historique de l’œuvre du chercheur. « Cheikh Anta Diop a contribué au développement des savoirs endogènes et à l’autonomie des sociétés africaines face aux récits imposés de l’histoire. Célébrer sa mémoire, c’est redonner du sens à l’acte même de commémorer », a-t-il expliqué.
Il a également mis l’accent sur la dimension éducative de cette démarche, estimant que la transmission de l’histoire doit s’appuyer à la fois sur les savoirs scientifiques, scolaires et sociaux. « Commémorer Cheikh Anta Diop, c’est renouveler le patriotisme intellectuel, célébrer le savoir et placer l’éducation au cœur des préoccupations », a-t-il ajouté.
La salle, comble, témoignait de l’intérêt toujours vif suscité par l’œuvre et la pensée du Pr Cheikh Anta Diop, quarante ans après sa disparition.
Moctar Sissoko

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