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Le Centre Hospitalier Abass Ndao lance la 3ᵉ édition de la réparation des mutilations génitales féminines

Le Centre Hospitalier Abass Ndao a officiellement lancé, ce mardi 3 février 2026 à sa maternité, la troisième édition de la campagne de réparation des mutilations génitales féminines (MGF), prévue du 2 au 6 février. Cette initiative médico-sociale sera clôturée par un colloque scientifique à l’hôtel Noom, sous le thème : « Prise en charge des mutilations génitales féminines : de la prévention à la réparation ».
Plus de 200 participants issus des ministères de la Santé et de l’Hygiène publique, de la Femme, de la Famille et des Solidarités, ainsi que des partenaires techniques et financiers tels que l’OMS, ONU Femmes, l’UNICEF et plusieurs ONG engagées dans la lutte contre les MGF, sont attendus.
L’activité est organisée en partenariat stratégique avec l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille (APHM), sous le leadership du Dr Raymond Alipio.
Selon le directeur général du Centre Hospitalier Abass Ndao, le Pr Demba Diedhiou, cette troisième édition vise à offrir une prise en charge holistique des victimes. « Il s’agit non seulement d’assurer des soins chirurgicaux de réparation gratuits, mais aussi d’accompagner les patientes sur les plans médical et surtout psychosocial », a-t-il expliqué.
Le Pr Diedhiou a également salué l’engagement du personnel médical de l’établissement, des chirurgiens aux gynécologues, ainsi que l’accompagnement des autorités étatiques et locales, notamment le ministère de la Santé et la Ville de Dakar. Il a rappelé que cette problématique figure parmi les priorités des plus hautes autorités du pays.
Fort de l’expérience acquise lors des éditions précédentes, le directeur général ambitionne de faire du Centre Hospitalier Abass Ndao un centre de référence régional, voire international, dans la prise en charge des victimes de MGF. « Il est essentiel d’offrir une porte d’entrée claire aux femmes qui en souffrent, afin d’éviter une prise en charge désorganisée. Notre objectif est de structurer cette réponse médicale et sociale autour d’un centre de référence solide », a-t-il souligné.
De son côté, la présidente de la Commission Santé de la Ville de Dakar, Dr Ndeye Mame Diop, a insisté sur l’ampleur du phénomène au Sénégal. Elle a rappelé que plus de 12 % des filles de moins de 15 ans et 24 % des femmes âgées de 15 à 49 ans sont concernées. Elle a également alerté sur le fait que des enfants de moins de cinq ans, voire des nourrissons, sont encore victimes de cette pratique. « Beaucoup de filles vivent avec ces séquelles sans même savoir qu’elles ont été mutilées. La sensibilisation reste une priorité pour éradiquer ce fléau », a-t-elle indiqué.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le directeur général de la Santé, le Pr Ousmane Cissé, a révélé que des enquêtes récentes montrent que 5 % des nouveau-nés subissent encore des mutilations dès le berceau. Il a évoqué les défis épidémiologiques liés au manque de données fiables, mais aussi les obstacles sociaux qui empêchent les victimes de se faire consulter.
« Pour les mutilations comme pour les fistules, nous faisons face à un double problème : un défi épidémiologique lié à la sous-déclaration des cas, et un problème individuel lié aux croyances et à la stigmatisation. Pourtant, les conséquences peuvent être graves, notamment lors des grossesses et des accouchements », a-t-il conclu.
Par cette troisième édition, le Centre Hospitalier Abass Ndao réaffirme son engagement dans la lutte contre les mutilations génitales féminines, en alliant réparation, accompagnement psychosocial et sensibilisation, avec l’ambition de contribuer durablement à l’éradication de cette pratique.
Moctar Sissoko