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Le CILMI mise sur la migration circulaire comme alternative à l’émigration irrégulière

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Jean Baptiste Tine, a coprésidé, ce mardi 25 mars à Dakar, la cérémonie d’ouverture de l’atelier de concertation sur la migration circulaire. Organisé par le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), cet événement a réuni son homologue du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les institutions, Abass Fall, ainsi que plusieurs diplomates et experts.

Selon le document partagé avec la presse, cet atelier vise à approfondir la réflexion sur la gouvernance de la migration circulaire au Sénégal, en mettant l’accent sur les mécanismes de gestion, les politiques publiques et les partenariats nécessaires pour une migration bénéfique et durable.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence des ambassadeurs du Maroc et de l’Union européenne, du secrétaire permanent du CILMI, Dr Modou Diagne, contrôleur général de police, ainsi que des acteurs de la société civile et des experts du domaine. L’objectif principal était de développer une compréhension commune des enjeux liés à cette forme de migration et d’identifier des solutions pratiques pour une meilleure gestion.

Un modèle de mobilité encadré

La migration circulaire est une alternative à l’émigration irrégulière. Elle permet aux travailleurs de se déplacer temporairement entre leur pays d’origine et un pays d’accueil pour des raisons économiques, tout en conservant des liens avec leur nation d’origine. Ce type de migration peut contribuer au développement des deux parties en facilitant le transfert de compétences, la création d’emplois et la réduction de la précarité.

Présidant l’atelier, le ministre de l’Intérieur a souligné les lourdes conséquences de la migration irrégulière : « Elle nous coûte beaucoup de vies en Atlantique et en Méditerranée. Beaucoup de jeunes périssent dans ces traversées périlleuses, et cela entraîne aussi des problèmes sociaux dans les pays de destination. »

Jean Baptiste Tine a insisté sur le fait que la lutte contre la migration irrégulière ne se limite pas à ériger des barrières : « Il ne s’agit pas seulement de fermer des routes, mais surtout de sauver des vies et d’offrir une alternative crédible à nos jeunes. Avec la migration circulaire, nous mettons en place un cadre structuré permettant de recruter des jeunes, hommes et femmes, pour travailler temporairement dans des pays partenaires via des processus organisés et sécurisés. »

Un modèle gagnant-gagnant

L’ambassadeur de l’Union européenne, Jean-Marc Pisani, a rappelé l’importance de la collaboration avec les autorités sénégalaises pour promouvoir des voies de migration légales et régulières : « L’enjeu est de bâtir un partenariat équilibré, qui offre aux jeunes Sénégalais des perspectives de travail et de retour, bénéfiques à la fois pour les économies des pays d’accueil et pour le développement durable du Sénégal. »

L’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, a également salué cette approche, soulignant que la migration circulaire rassure autant les pays d’accueil que les pays d’origine : « L’Europe a besoin de main-d’œuvre, et cette solution permet de protéger nos jeunes en leur offrant une migration encadrée. Mais au-delà de la protection, c’est aussi une opportunité de partage d’expériences, de transfert de savoirs et de renforcement des compétences. »

À travers cet atelier, le CILMI réaffirme ainsi son engagement à proposer des solutions viables face aux défis de la migration irrégulière, en misant sur un cadre légal et structuré pour garantir une mobilité sûre et bénéfique pour tous.

Moctar Sissoko