Dakar, dimanche 12 octobre – Le collectif de défense de Farba Ngom a organisé une conférence de presse pour alerter sur la gestion du dossier impliquant leur client dans une affaire de blanchiment d’argent, soulevant de nombreuses irrégularités dans le traitement judiciaire.
Lors de cette rencontre, Me Baboubacar Cissé a vivement critiqué l’absence totale d’auditions dans ce dossier : « Ni Tahirou Sarr, ni Farba Ngom, personne n’a été entendu », a-t-il déploré, rappelant que ces derniers sont pourtant détenus depuis neuf mois sans avoir pu s’expliquer.
Me Doudou Ndoye, un autre membre du collectif, a quant à lui dénoncé le non-respect de la procédure pénale par le procureur de la République financier. « J’ai examiné la décision prise à l’encontre de Farba Ngom. Le réquisitoire introductif du procureur demande l’emprisonnement puis la saisie de ses biens, avant même d’avoir déclenché une enquête préliminaire », a-t-il expliqué. Selon lui, la démarche légale aurait dû commencer par une enquête menée par un officier de police judiciaire, garantissant les droits de la défense, et permettant de recueillir tous les éléments de preuve nécessaires. « C’est un minimum requis par la loi pour protéger les droits et libertés des personnes poursuivies », a-t-il insisté.
Me Ndoye a par ailleurs souligné que la CENTIF, bien qu’impliquée dans le dossier, est un organisme administratif placé sous la tutelle du ministère des Finances, alors que toute enquête judiciaire devrait relever du ministère de la Justice.
Le collectif s’indigne également du refus opposé par le procureur à la demande de liberté provisoire formulée au bénéfice de Farba Ngom, dont l’état de santé se révèle incompatible avec la détention. « La maladie de M. Ngom a été médicalement attestée, une expertise a confirmé ses conditions. Pourtant, il reste en prison », a dénoncé Me Cissé, rappelant que le dossier médical ayant été présenté au juge lors de la condamnation, le 27 février 2025.
Enfin, Me Ndoye a annoncé la publication imminente d’un ouvrage consacré aux infractions financières au Sénégal, qu’il présentera le 3 janvier 2026. Il a également salué la présence aux côtés des avocats de plusieurs professeurs d’universités venus soutenir leur combat lors de cette conférence.
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Moctar Sissoko
Pour [iratv.net]

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