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Le Fonds Maïssa forme 15 femmes réalisatrices et dynamise le cinéma ouest-africain

 

Dakar, 7 juillet 2025-La cérémonie de remise des attestations aux deux premières cohortes du Fonds Maïssa s’est tenue ce lundi à Dakar, marquant une étape importante dans la promotion des femmes dans le secteur du cinéma et de l’audiovisuel en Afrique de l’Ouest. Lancé le 8 mars dernier, ce fonds régional, soutenu par l’ambassade de France au Sénégal, vise à créer des conditions concrètes d’accès à la production et à la visibilité pour les femmes, tout en renforçant des récits qui leur ressemblent et en contribuant à réduire les inégalités entre les sexes.

Le Fonds Maïssa couvre six pays : Sénégal, Gambie, Mauritanie, Cap-Vert, Guinée et Guinée-Bissau. En un an, il a soutenu 15 projets portés par des femmes réalisatrices issues de ces pays. À ce jour, six projets sont finalisés et neuf sont en cours de production, témoignant d’une volonté commune de réinventer le paysage audiovisuel africain en plaçant les femmes au cœur de la création.

Parmi les lauréates, on compte des noms tels que Fagamou Ndiaye, Awa Gueye, Azata Soro, Babetida Sadjo, Kalista Sy ou encore Angèle Diabang, toutes engagées à faire entendre des récits ancrés dans leurs réalités, leurs langues et leurs luttes. Les projets sélectionnés sont aussi variés qu’ambitieux : adaptation cinématographique du chef-d’œuvre de Mariama Bâ, *Une si longue lettre*, fiction sur l’initiation dans la tradition sérère avec *Coura et Ouleye*, documentaire sur la lutte contre la violence patriarcale dans *Le Journal d’une Femme Chèvre*, ou encore une writer’s room dédiée au développement de séries 100 % féminines.

La marraine des deux premières promotions, l’actrice et réalisatrice sénégalo-malienne Aïssa Maïga, a souligné l’importance de cette initiative : « Soutenir mes consœurs réalisatrices sur le continent est un honneur et une nécessité. Partout où je vais, y compris en France, les inégalités d’accès au métier du cinéma entre femmes et hommes sont criantes. Le Fonds Maïssa permet de révéler des talents souvent invisibles et de leur offrir une plateforme. ᄏ

Kalista Sy, l’une des bénéficiaires, a témoigné de l’impact concret du fonds : « Grâce au Fonds Maïssa, j’ai pu créer une writer’s room qui accompagne des talents en formation et en perfectionnement. Nous avons sécurisé financièrement ces jeunes créatrices, leur permettant de se concentrer pleinement sur leur développement artistique.

La cérémonie a réuni les 15 lauréates, le directeur de la Cinématographie, Germain Coly, le secrétaire permanent du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle du Sénégal (Fopica), Aliou Kéba Badiane, ainsi que plusieurs représentants de l’ambassade de France à Dakar.

En soutenant ces créatrices, le Fonds Maïssa contribue activement à la réduction des inégalités de genre dans l’industrie culturelle ouest-africaine et à la transformation du paysage audiovisuel régional.

Moctar Sissoko