Dans une déclaration rendue publique, il affirme « réaffirmer avec responsabilité et lucidité » son opposition à cette décision qu’il juge injustifiée.
Selon lui, sa position « n’est ni émotionnelle ni circonstancielle », mais fondée sur un principe qu’il estime intangible : « la vérité ne doit jamais être sanctionnée ». Dans une République, soutient-il, la première obligation morale d’un responsable public, en particulier à la tête d’une structure stratégique comme la Société Nationale des Habitations à Loyer Modéré (SNHLM), demeure la redevabilité envers le peuple.
Bougar Diouf estime que diriger une institution publique ne consiste pas à préserver une image ou un confort politique, mais à assumer la réalité, même lorsqu’elle dérange. « Le peuple sénégalais mérite la vérité », insiste-t-il, dénonçant un décalage perçu par de nombreux citoyens entre les engagements annoncés et leur mise en œuvre effective.
Le président de l’UPS met en garde contre « une rupture proclamée mais non matérialisée » et appelle à un changement mesurable plutôt qu’à des slogans. Selon lui, les propos tenus publiquement par Bassirou Kébé traduisent un malaise largement partagé. « Dans toute démocratie mature, la critique interne n’est pas une trahison, mais un mécanisme d’alerte », soutient-il, estimant que sanctionner une parole critique envoie « un signal inquiétant » sur la place du débat au sein de l’espace politique.
Au-delà du cas individuel, Bougar Diouf soulève la question de l’équité dans la gestion des responsabilités publiques. Il évoque plusieurs controverses ayant marqué l’actualité récente et estime que, si des fautes politiques doivent être sanctionnées, elles devraient l’être de manière globale et non sélective.
Il cite notamment le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, dont la communication autour d’une affaire de fausse vidéo impliquant des étudiants a suscité des interrogations dans l’opinion. Il mentionne également la ministre Yassine Fall, dont certaines déclarations dans le dossier concernant Farba Ngom ont été jugées inappropriées par des observateurs.
Le ministre de l’Enseignement supérieur est aussi évoqué pour sa gestion des tensions universitaires et des questions liées aux franchises académiques. Bougar Diouf fait en outre référence au ministre Cheikh Tidiane Dièye dans le cadre des débats sur la gestion de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), ainsi qu’à Jean Michel Sène, cité dans l’affaire dite « ASER », qui a alimenté les discussions sur la gouvernance et la gestion des ressources publiques.
Dans une logique de cohérence politique, le président de l’UPS estime que si des responsabilités doivent être engagées, elles devraient l’être de manière équitable. À défaut, prévient-il, cela pourrait donner l’impression d’une application sélective des sanctions.
Il va plus loin en suggérant qu’une réévaluation complète de l’équipe gouvernementale dirigée par Ousmane Sonko aurait pu constituer une option plus cohérente, certains allant jusqu’à évoquer une dissolution du gouvernement afin de « repartir sur des bases plus claires et conformes aux engagements initiaux ».
Pour Bougar Diouf, le débat dépasse les personnes et touche à la culture politique à bâtir : « une culture de loyauté aveugle ou une culture de responsabilité et de vérité ». Il appelle à une gouvernance plus inclusive, davantage de concertation avec la base et un respect des coalitions.
En conclusion, le président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais maintient que le limogeage de Bassirou Kébé « ne paraît ni juste ni opportun ». Selon lui, « la démocratie se consolide par le débat, la transparence et l’acceptation de la contradiction », estimant que « punir la parole critique affaiblit la confiance, tandis qu’encourager la vérité, même lorsqu’elle dérange, renforce la République ».
ATD

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