Dakar, 18 février 2026 – Les organisations Ndeyi Askann Wi et And Samm Jikko Yi Femmes ont tenu, ce mercredi, une conférence de presse conjointe dans la capitale pour exprimer leur position sur la question de l’homosexualité au Sénégal, un sujet qui suscite de vifs débats au sein de l’opinion publique.
Face à la presse, les représentantes des deux structures ont plaidé en faveur d’une criminalisation explicite de l’homosexualité. Prenant la parole au nom du collectif, la porte-parole du jour, Yeta Cissé, a soutenu que leur démarche vise à interpeller les autorités sur ce qu’elles qualifient de « fléau » affectant la société sénégalaise.
« Il mérite une réflexion approfondie, voire une action concrète », a-t-elle déclaré devant une salle composée de journalistes et de membres des deux organisations. Selon elle, la préservation des valeurs culturelles et religieuses constitue un impératif pour la société sénégalaise.
Les organisatrices ont ainsi exhorté les autorités à se prononcer clairement sur la question. Elles estiment que la demande de criminalisation émane d’une frange importante de la population et s’inscrit, selon elles, dans la défense des « valeurs ancestrales et religieuses » qu’elles considèrent comme fondamentales.
Abordant l’argument des éventuelles conséquences économiques qu’une telle décision pourrait entraîner, notamment en matière de coopération internationale, Yeta Cissé a minimisé ces risques. Elle a affirmé que les considérations financières ne devraient pas primer sur ce qu’elle qualifie de protection des jeunes et des familles.
La porte-parole a également exprimé des réserves vis-à-vis de certaines organisations non gouvernementales et des politiques publiques liées aux questions de genre, estimant qu’elles seraient en décalage avec les réalités socioculturelles du pays.
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte où le débat sur les droits individuels, les valeurs sociales et les engagements internationaux du Sénégal continue d’alimenter discussions et controverses. À ce stade, les autorités n’ont pas encore réagi officiellement aux revendications formulées par ces organisations.
Moctar Sissoko

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