Dakar, 20-22 janvier 2026 – L’Institut Pasteur de Dakar (IPD), en collaboration avec l’Université de Strathmore du Kenya, organise du 20 au 22 janvier la deuxième édition de sa formation dédiée au leadership, à la gestion et à la gouvernance dans la lutte contre le paludisme. Ce rendez-vous se tient au siège de l’IPD à Dakar, et s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités des acteurs du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, à travers le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP).
La cérémonie d’ouverture s’est tenue ce mardi en présence des responsables institutionnels, partenaires techniques et financiers, ainsi que des experts nationaux et internationaux engagés dans la lutte contre cette maladie endémique. Selon le document diffusé à la presse, cette formation constitue « un temps fort pour mettre en lumière les enjeux du leadership, de la gouvernance et du renforcement des systèmes de santé en Afrique ».
Dans son allocution, le Dr Ibrahima Socé Fall, administrateur général de l’IPD, a insisté sur l’importance de la surveillance active dans la phase finale d’élimination du paludisme. « Quand on est en phase d’élimination, chaque nouveau cas est traité comme une épidémie. Il faut investiguer, surveiller activement pour éviter toute résurgence », a-t-il expliqué. Dr Fall a souligné que « l’élimination exige une approche factuelle, basée sur les données et l’implication communautaire », rappelant que la population joue un rôle clé dans la surveillance à l’échelle locale.
L’expert a également présenté les outils de planification stratégique mis au point avec son équipe, testés au Kenya, visant à ancrer une approche scientifique dans les rapports mondiaux sur la transmission du paludisme en Afrique. Par ailleurs, il a lancé un appel vibrant aux décideurs politiques africains pour un engagement politique fort et un financement durable de la lutte antipaludique : « Le succès dépend de l’implication des États, qui ne doivent pas attendre l’aide extérieure, mais agir aussi sur les déterminants sociaux tels que l’urbanisation et la gestion de l’eau. »
Le représentant du ministère de la Santé, Dr Mohamed Lamine Ly, conseiller technique n°2, a rappelé que l’élimination du paludisme est une priorité absolue, reposant sur la réduction de la charge parasitaire via l’élargissement des outils existants : moustiquaires imprégnées, assainissement, chimioprévention chez les enfants, et amélioration de la prise en charge des cas grâce à des données fiables.
Enfin, l’un des anciens participants à la première cohorte, le Dr Abdoulaye Mamadou Ba, chargé de plaidoyer au PNLP, a salué la formation comme un tremplin majeur dans l’évolution professionnelle des acteurs de la lutte contre le paludisme. « Cette formation nous a permis de structurer nos connaissances et de nous considérer véritablement comme des leaders », a-t-il témoigné.
Cette initiative commune entre le Sénégal et le Kenya illustre l’importance d’une coopération régionale renforcée face à l’un des défis sanitaires majeurs du continent africain.
Moctar Sissoko

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