Iratv.net:La Cité Cheikh Amar, située dans la commune de Ouakam, est au cœur d’un conflit foncier majeur opposant les résidents à un promoteur immobilier accusé de graves manquements contractuels. Depuis plusieurs années, les habitants dénoncent la disparition des équipements collectifs prévus initialement, suscitant une vive indignation et une mobilisation croissante.
À l’origine, la parcelle d’un hectare avait été aménagée par l’homme d’affaires Cheikh Amar en une cité résidentielle intégrant des villas, une école primaire, un poste de santé, une mosquée, des espaces verts, ainsi que la voirie et l’assainissement. Ce projet reposait sur un plan d’aménagement urbain rigoureux, validé par l’arrêté n°08673 du 7 octobre 2008, qui prévoyait une répartition équilibrée des espaces : 70 % pour l’habitat, 15 % pour la voirie, et 15 % pour les équipements collectifs.
Or, selon l’Association des Résidents de Touba Almadies (ARTA), le promoteur n’a pas respecté ses engagements. Les équipements collectifs ont purement et simplement disparu du paysage, remplacés par des projets immobiliers non conformes, notamment un immeuble R+12 à la place de l’école et du poste de santé. De plus, certains acquéreurs n’ont toujours pas reçu leurs titres fonciers, tandis que des pratiques telles que le morcellement spéculatif des espaces et la fraude documentaire sont dénoncées.
En 2017, le sous-préfet des Almadies avait suspendu toute occupation des équipements collectifs par l’arrêté n°177/AA/SPA. Pourtant, un nouvel arrêté du 6 mars 2019 (n°004587) a autorisé le morcellement de ces espaces, en contradiction avec les droits acquis des résidents. Cette décision contestée fait actuellement l’objet d’un recours devant la Cour suprême, porté par Me Abdou Kane, avocat des habitants.
De 2019 à 2022, toutes les correspondances de l’ARTA aux autorités compétentes sont restées sans réponse. La mairie de Ouakam, qui devait recevoir la cession des espaces collectifs conformément aux articles 3 et 4 de l’arrêté de 2008, n’a vu aucun transfert effectué. Un courrier d’alerte envoyé à la Direction de la Construction et de l’Urbanisme (DSCOS) en 2016 est également resté lettre morte.
Aujourd’hui, tous les espaces initialement destinés aux équipements collectifs ont été titrés au nom du promoteur et font l’objet de constructions immobilières illégales, dénaturant complètement le cadre de vie prévu. Cette situation provoque une forte colère parmi les résidents, qui se sentent trahis et démunis.
Face à cette situation, l’ARTA lance un appel aux autorités :
« Nous interpellons les autorités sur ces agissements coupables du promoteur qui piétine les droits des citoyens. Nous demandons l’annulation des titres fonciers délivrés, la restauration des équipements publics, et le respect du cadre de vie initialement prévu.
Le litige foncier à la Cité Cheikh Amar illustre les difficultés rencontrées par les citoyens face à des promoteurs peu scrupuleux et à une administration parfois défaillante. La défense des droits des résidents et la sauvegarde du cadre de vie doivent être une priorité pour les autorités compétentes, afin de restaurer la confiance et garantir un développement urbain harmonieux.
Abdou Thiam DOGO

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