À l’occasion de la Journée internationale des musées, ce dimanche 18 mai, le président de l’Union des Jeunes pour la Paix et la Nation Africaine (UJPNA), Mahamadou Diouara, a effectué une visite au Musée des Civilisations Noires à Dakar. Accompagné de sa famille, il a profité de l’occasion pour revenir, dans un entretien accordé à la presse, sur les objectifs de sa visite, ses impressions, sa vision de l’unité africaine, et les actions portées par son organisation.
« Cette visite s’inscrit dans une démarche pédagogique et symbolique », explique Mahamadou Diouara. « À travers les échanges que nous avons eus avec la direction du musée, j’ai tenu à organiser une visite familiale pour que les enfants s’imprègnent de l’histoire et du processus de construction de la paix et de la nation africaine. »
Selon lui, l’exposition actuelle offre une immersion précieuse dans l’évolution de l’Homme noir, depuis ses origines africaines jusqu’à son rayonnement mondial. Une section de l’exposition a particulièrement retenu son attention : celle retraçant le parcours du parti PASTEF et le combat de ses militants. « Les images sont saisissantes. Elles traduisent une lutte acharnée pour un changement démocratique au Sénégal », a-t-il confié.
Pour ce socio-anthropologue de formation, la visite fut bien plus qu’une simple promenade culturelle. « J’ai été frappé par la richesse de l’exposition retraçant l’évolution humaine, de l’Homo habilis à l’Homo sapiens, ainsi que par la mise en lumière des premières migrations humaines hors d’Afrique. »
Il a aussi été profondément marqué par un aspect spirituel : « Le rituel sacré effectué par les femmes de Casamance pour protéger un destin révolutionnaire m’a profondément touché. »
Sur la question de l’unité africaine, Mahamadou Diouara est catégorique : « Notre génération a le devoir de poser les bases des États généraux de l’Afrique. Mais cela ne pourra se faire sans une sécurité régionale solide. »
À ses yeux, la défense collective est une priorité absolue dans un contexte où les menaces sécuritaires dépassent les frontières. Il plaide pour une « architecture commune de défense et de sécurité », à l’image de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui illustre, selon lui, une dynamique prometteuse de mutualisation des forces.
« L’histoire ouest-africaine témoigne d’un profond tissu socioculturel commun. Il faut dépasser les divergences institutionnelles, comme celles entre la CEDEAO et l’AES, pour donner la priorité aux peuples et bâtir un avenir collectif », affirme-t-il.
Fondée en 2008 au Mali, l’UJPNA est une organisation panafricaine initiée par des étudiants. Depuis ses débuts, elle mène des activités de recherche, de sensibilisation et de plaidoyer auprès des institutions africaines.
Parmi ses réalisations : un rapport sur les menaces sécuritaires au Sahel adressé aux chefs d’État du Mali, du Niger et du Tchad ; l’initiative PRJT (Processus de Réflexion pour une Réforme de la Gouvernance et de la Démocratie) ; et l’organisation de l’Assemblée Citoyenne des Peuples d’Afrique de l’Ouest.
« Nous préparons actuellement la deuxième édition de l’Assemblée Citoyenne des Peuples d’Afrique de l’Ouest, prévue du 16 au 18 octobre 2025 à Dakar, sous la présidence du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye », annonce-t-il.
Le lancement officiel aura lieu le 12 juin prochain au Théâtre de Verdure du Monument de la Renaissance. Le thème central portera sur « la légitimité démocratique et les défis liés à la souveraineté économique et politique en Afrique de l’Ouest ». L’événement rassemblera des acteurs de la société civile, du secteur privé et de la sphère politique venus de toute la région.
Propos recueillis par Moctar Sissoko

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