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Sénégal : La filière coquillage au cœur d’un renouveau sanitaire et économique grâce à un projet innovant

 

Comment la mise en conformité sanitaire et phytosanitaire transforme la filière conchylicole sénégalaise, dynamisant l’économie locale, les exportations et l’autonomisation des femmes dans les communautés côtières.

Dakar, le 04 Mars 2026– Après des années de travail acharné et de collaboration multisectorielle, le Sénégal célèbre la clôture du projet PPG/STDF/672, une initiative phare visant à renforcer la filière coquillage à travers la mise aux normes sanitaires et phytosanitaires (SPS). Porté par la FAO avec le soutien décisif du Fonds pour l’Application des Normes et le Développement du Commerce (STDF), ce projet ancré dans une vision durable, marque un tournant pour améliorer la sécurité sanitaire des coquillages et leur accès à des marchés régionaux et internationaux.

La coordinatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, Madame Bintia StephenTchicaya, a rappelé lors de l’atelier de clôture l’ambition initiale du projet : « mettre en place un système national de contrôle sanitaire conforme aux standards internationaux pour garantir la qualité des coquillages sénégalais et ouvrir de nouvelles opportunités commerciales ». Une promesse tenue, puisque le projet a permis d’identifier et cartographier 50 sites conchylicoles, classés en fonction de leur conformité sanitaire, et de mettre en place un cadre réglementaire renforcé autour de la gestion durable de la filière.

Au-delà des chiffres, c’est tout un changement de paradigme qui s’opère. Plus de 300 acteurs, dont une majorité de femmes, ont bénéficié de formations et de renforcements de capacités, aboutissant à une meilleure gouvernance sanitaire et une structuration plus solide du secteur. Cette évolution se traduit concrètement par une entrée réussie sur les circuits touristiques, les hôtels et restaurants haut de gamme du pays. Les prix au kilo ont ainsi atteint entre 3 500 et 7 000 FCFA selon la zone, signe d’un positionnement économique valorisé.

Les retombées socio-économiques sont significatives pour les communautés côtières, majoritairement féminines, qui voient leur autonomie renforcée par une filière plus lucrative et mieux encadrée. Le projet génère également des synergies avec d’autres initiatives nationales et internationales, telles que FISH4ACP, renforçant ainsi l’ensemble de la chaîne de valeur, des infrastructures à la recherche et développement.

Toutefois, ce succès appelle à la vigilance et à de nouveaux défis à relever. Parmi ceux-ci, la nécessité d’assurer la pérennité du dispositif via une surveillance continue, une meilleure traçabilité, et un financement national durable. La reconnaissance par les instances régionales et européennes devient aussi un objectif stratégique pour soutenir l’exportation sénégalaise à plus grande échelle.

Madame StephenTchicaya insiste : « Cet atelier n’est pas une fin, mais le commencement d’une nouvelle étape, celle de la consolidation et du passage à l’échelle, avec une forte implication des acteurs locaux et un engagement renforcé de l’État. » L’introduction d’une évaluation indépendante souligne la volonté d’apprendre et d’adapter les bonnes pratiques pour la filière et la région ouest-africaine.

En conclusion,le Sénégal s’impose désormais comme un exemple régional en matière de conformité SPS dans la filière coquillage, conciliant santé publique, développement économique local et inclusion sociale. Ce projet montre qu’avec une coordination efficace et des financements adéquats, il est possible de transformer durablement des secteurs stratégiques pour le développement.

À travers ce projet, c’est tout un écosystème conchylicole qui se redessine, offrant à notre pays un avenir plus prometteur sur le plan sanitaire, économique et social,” souligne Madame StephenTchicaya, invitant à poursuivre et amplifier les efforts.

Abdou Thiam Dogo