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Campagne agricole 2026 : le ministre Cheikhou Oumar Ba dresse le bilan d’une tournée nationale dans 13 régions sur 14

 

Le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage a tenu une conférence de presse, ce jeudi 8 octobre 2026, à la Sphère ministérielle Ousmane Tanor Dieng de Diamniadio. Objectif : présenter les principaux enseignements de la tournée nationale de suivi de la campagne agricole 2026, menée dans 13 des 14 régions du Sénégal.

Présidée par le ministre Dr Cheikhou Oumar Ba, en présence de son cabinet et des services techniques du ministère, la rencontre a permis de revenir sur les réalités observées sur le terrain, les préoccupations exprimées par les producteurs et les communautés rurales, ainsi que les réponses concrètes envisagées par l’État face aux difficultés identifiées.

Prenant la parole, le ministre a insisté sur la singularité de l’action gouvernementale cette année. « La particularité de l’action du Gouvernement cette année, c’est la méthode. Le cap est maintenu, celui de la souveraineté alimentaire fixé par le Chef de l’État et le Premier ministre ; c’est la manière de faire qui change. Nous avons choisi un suivi très rapproché de la campagne agricole et un contact permanent avec les agropasteurs, à chaque étape : la mise en place et la cession des intrants, l’évolution des cultures et des pâturages, et maintenant la préparation de la campagne de commercialisation », a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé que le Conseil interministériel du 30 juin a arrêté le budget de la campagne à 130 milliards de FCFA, avec un calendrier exigeant : 85 % des intrants en place au 10 juillet et 100 % au 31 juillet. Un calendrier tenu, selon lui. Les mises en place sont aujourd’hui bouclées pour l’hivernage, avec des taux de mise en place et de cession atteignant environ 99 %. Toutes les communes ont reçu leurs quotas d’engrais et de semences.

Les enlèvements de NPK auprès des Industries chimiques du Sénégal approchent 107 000 tonnes, en hausse de 15 % par rapport à l’année dernière, à budget constant et à prix producteur inchangé. L’urée a été mobilisée malgré la forte hausse de son prix sur le marché international, absorbée par l’État. Les engrais et amendements représentent près de 60 % de la subvention, et neuf dixièmes de celle-ci vont aux petits producteurs.

Ces 130 milliards ne se limitent pas aux engrais et aux semences d’arachide. Ils couvrent également les semences de céréales (mil, sorgho, maïs, fonio, riz), de niébé, de sésame et de pastèque, les amendements comme la chaux et le phosphate, la mécanisation, l’assurance agricole, la protection des végétaux et le coton. Ils financent aussi les programmes spéciaux, notamment le Grenier du maïs, avec ses semences hybrides couvertes à 100 %, et le pilote mil, qui installe une production sous contrat.

La situation pluviométrique et des cultures est contrastée, mais reste globalement satisfaisante. Au Sud, dans le Bassin arachidier nord et à Louga–Linguère, les cultures se développent bien, avec des excédents pluviométriques par endroits. À l’Est, dans le Centre-Est et dans certaines parties du Nord, des pauses de deux à trois semaines ont mis sous stress le maïs, l’arachide et le riz pluvial, surtout les parcelles en floraison au moment de la pause. À Kaffrine, vingt postes sur trente-trois restaient déficitaires par rapport à l’an dernier, notamment à Koungheul, Birkelane, N’Ganda et Malem Hodar. À Matam, hors Ranérou, une baisse de rendement est anticipée.

Dans ce contexte, le ministre a souligné deux éléments jouant en faveur du Sénégal : d’abord, la hausse des superficies, qui peut compenser une baisse de rendement là où elle se produit ; ensuite, les prévisions de l’ANACIM, qui annoncent une fin de saison tardive avec la poursuite des pluies en octobre, déterminante pour les cultures tardives et la maturation du coton.

Le ministre a annoncé une bonne nouvelle aux producteurs touchés. « Pour les producteurs touchés, un recensement localité par localité déterminera les mesures d’accompagnement, calibrées selon la taille de l’exploitation et l’ampleur de la perte : semences de niébé et de pastèque là où il est encore possible de semer, vivres de soudure pour les ménages les plus touchés, accès facilité aux semences adaptées et à l’assurance pour la prochaine campagne », a-t-il indiqué.

À l’exception de Dakar, dans les treize régions visitées, une demande récurrente a été formulée par les producteurs : disposer de matériels agricoles adaptés, tant pour la production que pour les activités post-récolte. Face à cette situation, l’acquisition de 500 mini-tracteurs et de 500 motoculteurs est prévue, afin de renouveler le parc et de répondre aux besoins de travail du sol des petits exploitants. Les modalités de cession sont arrêtées, avec une contribution des bénéficiaires. Les coopératives et organisations de producteurs sont privilégiées, afin que le matériel soit utilisé collectivement et bien entretenu. Le déploiement couvre les quatorze régions, et la livraison est prévue avant la fin de l’année 2026.

« Nous avons tiré les leçons de la campagne écoulée. La SONACOS a collecté plus de 219 000 tonnes d’arachide, son meilleur niveau depuis plus de vingt ans, et injecté plus de 73 milliards de FCFA dans le monde rural. Les exportations, rouvertes en janvier, ont porté sur plus de 70 000 tonnes de graines décortiquées, soit plus de 100 000 tonnes en équivalent coque, pour près de 34 milliards de FCFA. Le maïs a été vendu sous contrat aux provendiers et le coton payé aux producteurs dans des délais courts, même si des retards ont parfois été constatés », a rappelé le ministre.

Sur la situation du riz, le ministre Ba a précisé que sur la production de la dernière campagne, 13 105 tonnes de paddy ont été enlevées à ce jour, pour un montant de 3,67 milliards de FCFA. Quelque 29 627 tonnes restent à enlever, soit un taux d’enlèvement de l’ordre de 31 %. Depuis le passage de la mission, le rythme s’est accéléré : près de 1 000 tonnes ont été enlevées en une semaine. Cette dynamique doit se poursuivre, et c’est tout l’objet du travail engagé avec la SAED, la Banque Agricole, les institutions de microfinance et le ministère du Commerce, avec l’indexation des importations sur les achats de riz local.

En conclusion, le ministre de l’Agriculture a rappelé que « l’Afrique de l’Est et bien d’autres régions du monde connaissent cette année des séquences sèches liées à un épisode El Niño marqué. Ce qui nous distingue, c’est que la campagne a été préparée, que les intrants sont arrivés à temps, que nous sommes allés voir sur place et que les réponses sont engagées, zone par zone, avec un calendrier et des responsables désignés », a-t-il conclu.

Moctar Sissoko