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La Grande Nuit du Conte 2026 : un succès éclatant, mais un avenir incertain

 

La troisième édition de « La Grande Nuit du Conte » s’est clôturée dans une ambiance festive et empreinte de tradition, ce vendredi 10 juillet 2026, sur l’Esplanade du Musée des Civilisations Noires à Dakar. Porté par la Maison de l’Oralité et du Patrimoine Kër Leyti, l’événement a réuni près de vingt artistes venus du Sénégal, du Burkina Faso, du Niger, de Côte d’Ivoire, mais aussi d’Allemagne, pour une nuit où la transmission orale et les arts du récit étaient à l’honneur.

Au programme de cette édition : contes, performances musicales, ateliers de transmission, master classes sur les arts oratoires et rencontres professionnelles. Une programmation dense conçue pour consolider Dakar en tant que capitale africaine du patrimoine vivant et positionner le conte comme outil d’éducation citoyenne auprès des jeunes.

La soirée s’est déroulée en présence du roi du Sine, Niokhobaye Diouf Fatou Diène, parrain de cette édition, du ministre de la Communication Babacar Sarr, et présidée par la ministre déléguée chargée de la culture, des industries créatives et du patrimoine historique, Mame Coumba Diop. Plusieurs centaines de participants sont venus célébrer ce rendez-vous désormais incontournable de l’oralité africaine.

Dans son allocution, le roi du Sine a rappelé la puissance du conte, qualifiant cette pratique de véritable « école de la vie », bien au-delà de la simple distraction. La ministre Mame Coumba Diop a salué de son côté l’importance de cet événement dans la sauvegarde et la promotion du patrimoine culturel, soulignant la singularité du Musée des Civilisations Noires comme décor de cette grande nuit : « Temple de la mémoire africaine, où les voix de nos conteurs dialoguent ce soir avec les héritages de tous nos continents et de nos diasporas ».

L’édition 2026 a également innové, notamment par l’intégration du récit non verbal (MIM) et des marionnettes, ainsi que par l’exploration de thèmes liés au civisme et au développement durable, selon Dr Massamba Gueye, fondateur de la Maison de l’Oralité et initiateur du festival. « Les notions de développement durable existent dans nos traditions et nos conteurs, qui enseignaient le respect de la nature et la connaissance des animaux et des plantes aux enfants. Nous voulions revisiter cela », explique-t-il.

Mais alors que la troisième édition s’achève sur une note artistique et humaine, son avenir semble compromis. Dr Gueye a fait part de ses inquiétudes concernant le manque de soutien institutionnel et financier : « Je ne suis pas sûr que la 4ème édition aura lieu. Organiser un événement de cette ampleur repose sur des dépenses personnelles. Nous avons décidé de ne plus écrire aux autorités ou entreprises, car elles ne répondent pas ».

Malgré ces contraintes, l’initiateur promet de ne pas renoncer : « Notre sponsor officiel, c’est Dieu. Notre supporter officiel, c’est le public. Cela restera notre vocation. Et la ministre m’a engagé à accompagner les projets structurants. Espérons-le, les grands pays du monde vendent leur patrimoine et leur culture ».

Moctar Sissoko