Le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI), en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, a lancé ce mercredi 21 octobre 2026 à Dakar une concertation sous-régionale sur la migration irrégulière et les défis sécuritaires. La rencontre se tient jusqu’au 22 octobre 2026 dans la capitale sénégalaise.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Moctar Watt, du secrétaire permanent du CILMI, le contrôleur général de police Modou Diagne, et du représentant de la Fondation Konrad Adenauer au Sénégal, Jonathan Nowak. Des représentants du Sénégal, de la Gambie, de la République de Guinée et de la République islamique de Mauritanie, ainsi que des acteurs institutionnels et des partenaires concernés par les questions migratoires et sécuritaires, étaient tous présents lors de la cérémonie d’ouverture.
Cette concertation vise à renforcer la coopération entre les quatre pays participants en vue d’apporter une réponse intégrée, coordonnée et durable aux dynamiques migratoires et aux défis sécuritaires associés.
Durant ces deux jours, les travaux portent notamment sur le partage d’expériences et de bonnes pratiques, le renforcement de la coopération policière et judiciaire, la gestion coordonnée des frontières, la lutte contre les réseaux de trafic de migrants et de traite de personnes, ainsi que la prévention et la protection des migrants vulnérables. À l’issue de cette concertation, les participants prendront des recommandations fortes afin d’aboutir à une feuille de route claire, dénommée « feuille de route de Dakar ».
Ouvrant les travaux, le secrétaire permanent du CILMI, le contrôleur général de police Modou Diagne, a rappelé que « la migration est une réalité historique et humaine qui construit et contribue aux échanges et au développement de nos sociétés. Toutefois, lorsqu’elle s’effectue dans des conditions irrégulières et dangereuses, elle expose particulièrement nos jeunes au risque de disparition et d’exploitation, tout en favorisant les activités des réseaux de trafic transnationales », a-t-il expliqué.
Évoquant les défis de la migration irrégulière, Modou Diagne a souligné : « Face à ces défis, nous devons donc renforcer notre solidarité, améliorer le partenariat d’information et développer une coopération opérationnelle entre nos administrations, nos services de sécurité et nos autorités judiciaires. C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit la stratégie nationale de lutte contre la migration irrégulière du Sénégal, qui privilégie une approche globale articulant prévention, gestion des frontières, lutte contre les réseaux criminels, protection des migrants, retour et réinsertion. »
Pour lui, « notre conviction est que la réponse à la migration irrégulière ne peut se limiter aux frontières et aux contrôles de frontières seulement ». Selon le secrétaire permanent du CILMI, cette approche globale doit également porter sur les causes profondes des départs, notamment les vulnérabilités socioéconomiques et le manque de perspectives pour les jeunes.
« Notre ambition est de faire émerger une dynamique de coopération sous-régionale fondée sur la confiance, la responsabilité partagée et le respect de la dignité humaine, tout en préservant les acquis de la libre circulation au sein de l’espace communautaire ouest-africain », a-t-il ajouté.
De son côté, le représentant de la Fondation Konrad Adenauer au Sénégal, Jonathan Nowak, a estimé que la Fondation, en tant que fondation politique présente au Sénégal et dans la région depuis plus de 50 ans, « il est essentiel de soutenir des espaces de dialogue et des institutions qui pouvaient échanger avec d’autres acteurs clés sur leur expérience, identifier ensemble des défis et chercher des solutions concrètes », a-t-il souligné.
Présidant la cérémonie au nom du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, son directeur de cabinet, Moctar Watt, a rappelé que la proximité de ces pays est un atout. « Nous devons tirer parti de ces proximités en renforçant le partage d’information, la coopération policière et judiciaire, la coordination des contrôles aux frontières et les mécanismes d’alerte rapide, toutefois sans préjudice de la souveraineté de chaque État et sans faire obstacle à nos lois ainsi qu’à nos engagements communautaires et internationaux », a-t-il fait savoir.
Moctar Sissoko

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