Le Regroupement national des organisateurs privés du Hajj et de la Omra au Sénégal (RENOPHUS) a tenu son assemblée générale ce 28 août à Dakar, marquant le lancement officiel des inscriptions pour le pèlerinage 2026. « Notre Délégué Général, le Général Mamadou Gaye, a donné le signal dès le 25 juillet », a indiqué Cheick Bamba Diongue, vice-président du RENOPHUS.
Au cours de sa déclaration, M. Diongue a rappelé une réunion clé qui s’est tenue le 8 juin 2025, en plein pèlerinage, lors de laquelle le ministre saoudien du Hajj a présenté aux commissariats et délégations générales le calendrier et les nouvelles réformes du Hajj 2026. « Nous appelons donc tous les pays à anticiper l’organisation et à respecter à la lettre les échéances de paiement des différents services », a-t-il insisté. Aux futurs pèlerins, il a lancé un appel pressant : ne pas attendre le Ramadan ou janvier, comme l’année passée, mais inscrire leurs candidatures dès aujourd’hui.
Dans la continuité des directives régionales, la délégation générale au pèlerinage a reçu une correspondance officielle des autorités saoudiennes proposant aux organisateurs privés une nouvelle option : celle du Hajj direct ou, à défaut, la fusion avec la tutelle officielle.
Le Hajj direct permettrait aux regroupements de plus de 2 000 pèlerins d’être autonomes, en contractualisant directement avec les partenaires saoudiens pour l’intégralité de l’organisation. En cas d’abandon de cette option, la fusion impliquerait que le quota privé de 11 000 pèlerins soit intégré au quota national de 12 860, géré entièrement par la Délégation générale.
« Il appartient donc aux acteurs privés d’évaluer les avantages et inconvénients de ces deux options pour faire un choix éclairé », a expliqué Cheick Bamba Diongue. Selon lui, la fusion réduirait fortement la marge de manœuvre des privés, limitant la diversité des produits et services proposés aux pèlerins.
L’évaluation du pèlerinage 2025 a révélé plusieurs points critiques malgré la recommandation de l’option Hajj direct :
– **Transport aérien** : Air Sénégal a démontré son incapacité à assurer seul le transport du quota sénégalais, même en partenariat avec d’autres opérateurs. Il est préconisé que la compagnie ne couvre que 50 % des voyageurs, le reste devant être confié aux compagnies régulières ou via un appel d’offres, comme cela se fait dans les pays voisins.
– **Absence des privés aux négociations** : Les organisateurs privés regrettent ne pas avoir été associés aux missions de négociation menées par la Délégation générale, que ce soit pour les accords avec les compagnies aériennes, les fournisseurs ou la compagnie d’assurance.
– **Partenariat bancaire** : Le RENOPHUS invite la Banque Islamique du Sénégal (BIS), partenaire stratégique du Hajj, à soutenir davantage les privés en facilitant le préfinancement : allongement des délais de paiement et réduction des taux d’intérêt sont notamment attendus.
Cette assemblée générale a ainsi permis de jeter les bases d’une organisation plus inclusive et anticipée du Hajj 2026, en pleine mutation face aux réformes saoudiennes. Le choix entre autonomie et fusion reste au cœur des discussions pour un pèlerinage plus fluide et adapté aux attentes des fidèles sénégalais.
Moctar Sissokho

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