La communauté scientifique sénégalaise a tenu, ce samedi 2 mai 2026 à la Maison de la Presse à Dakar, une cérémonie d’hommage en l’honneur de l’éminent universitaire, économiste et juriste Chérif Salif Sy. Cet événement, placé sous le thème « Chérif Salif Sy : pensée, engagement et héritage pour le Sénégal », a rassemblé de nombreuses personnalités issues du monde académique, des sphères civile et religieuse, ainsi que de la société idéologique sénégalaise.
La cérémonie a été ouverte par le professeur Mbaye Thiam, qui a souligné l’importance d’« inscrire la pensée de Chérif Salif Sy dans le patrimoine de savoir et de connaissances du Sénégal, de l’Afrique, et du monde ». Il a estimé nécessaire que l’œuvre de Sy s’intègre durablement dans la construction du savoir universel, à l’image des plus grands penseurs africains, afin de contribuer au débat international.
Pour sa part, le professeur Pape Sadio Thiam a salué l’engagement panafricain de Chérif Salif Sy, rappelant sa contribution fondamentale aux réflexions sur le développement, l’intégration régionale et les politiques commerciales africaines. Il a également évoqué le rôle actif de Sy au sein de réseaux internationaux tels que le CODESRIA ou le Forum du Tiers-Monde, témoignant de sa volonté d’inscrire la production intellectuelle africaine au cœur des grands débats mondiaux. « L’une des forces majeures de Chérif Salif Sy est sa capacité à déranger les certitudes », a-t-il ajouté, soulignant sa réflexion sur la souveraineté relative, construite dans l’interdépendance mondiale.
Fortement ému lors de cette reconnaissance de son vivant, Chérif Salif Sy a rappelé que « le développement n’est pas une accumulation de projets », déplorant la tendance des États africains à multiplier des initiatives sans cohérence globale. Pour lui, « le développement, c’est une cohérence entre vision et institution, entre formation et production, entre finance et stratégie industrielle ».
L’ancien ministre sous Abdoulaye Wade a également critiqué l’adoption de modèles extérieurs sans maîtrise des rapports de force, insistant sur la nécessité d’assumer une pensée stratégique ancrée dans les réalités africaines. « La souveraineté n’est pas un slogan, elle est une architecture économique, industrielle, technologique et budgétaire », a-t-il lancé.
En guise de conclusion, Chérif Salif Sy a mis en garde contre la dépendance du continent africain vis-à-vis de l’extérieur : « Tant que nos besoins fondamentaux continueront d’être pris en charge par nos partenaires, nous augmenterons notre dépendance. La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit patiemment, méthodiquement, institutionnellement », a martelé l’universitaire, reconnu comme l’un des fondateurs de l’économie du développement.
Moctar Sissoko

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