L’Institut Supérieur de Formation à Distance (ISFAD) de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar a organisé, ce mercredi 7 janvier 2026 à Dakar, la journée portes ouvertes de l’École immersion HyFlex ISFAD–UCAD 2025. Placée sous le thème « HyFlex, formation à distance et intelligence artificielle : vers un nouveau modèle d’enseignement supérieur inclusif et résilient au Sénégal », la rencontre s’inscrit dans un contexte de profondes mutations du système universitaire sénégalais.
Cette initiative intervient alors que l’enseignement supérieur est confronté à des crises sanitaires, sociopolitiques et sociales récurrentes. Elle vise à promouvoir le modèle HyFlex, une approche hybride et flexible combinant enseignement en présentiel et formation à distance, afin d’assurer la continuité pédagogique et renforcer l’inclusion. À travers ce modèle, l’ISFAD ambitionne de bâtir un système éducatif « inclusif, flexible et résilient », capable de répondre à la massification des effectifs, à la diversification des publics et à l’évolution des pratiques d’apprentissage à l’ère du numérique.
Ouvrant la journée, le directeur de l’ISFAD, le Pr Ibrahima Ngom, a souligné la nécessité d’une convergence vers le numérique dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle et de la transformation digitale. « Il ne s’agit plus d’opposer université numérique, virtuelle ou classique, mais d’aller vers une seule université du Sénégal, capable de s’adapter aux réalités actuelles et aux attentes des nouvelles générations », a-t-il déclaré.
Selon le Pr Ngom, le rôle de l’ISFAD ne se limite plus à l’opérationnel. L’institut doit également porter une vision prospective, en articulant stratégies immédiates et réflexion à long terme sur l’université de demain. « Le modèle HyFlex repose sur cette double modalité, permettant à l’étudiant d’apprendre aussi bien en présentiel qu’en ligne », a-t-il expliqué.
Grand orateur de cette école immersion, le Pr Mouhamadou Mansour Faye est revenu sur le concept d’hybridation dans l’enseignement supérieur. Il a rappelé que cette approche consiste à enrichir les modalités traditionnelles d’enseignement par des dispositifs rendus possibles grâce aux technologies de l’information et de la communication, notamment les cours à distance, accessibles indépendamment du lieu et du moment. « L’hybridation offre certes de la flexibilité, mais elle permet surtout d’améliorer la qualité de l’enseignement », a-t-il affirmé.
Pour le Pr Faye, l’objectif est désormais de généraliser cette hybridation au regard de ses multiples avantages pédagogiques, organisationnels, administratifs, mais aussi économiques et environnementaux. Il a, par ailleurs, lancé un appel aux autorités universitaires et étatiques pour accompagner et soutenir la vision portée par l’ISFAD. « Derrière cette proposition, il y a une vision à long terme, notamment à l’horizon 2050. Il s’agit de préparer dès aujourd’hui les compétences et aptitudes des jeunes qui intégreront demain le marché du travail », a-t-il plaidé.
La journée a réuni étudiants, enseignants-chercheurs et professionnels autour d’un panel de haut niveau, ainsi que d’ateliers pratiques et immersifs portant sur l’hybridation des enseignements, la scénarisation pédagogique et l’usage des outils numériques, confirmant ainsi la volonté de l’ISFAD–UCAD de s’imposer comme un acteur clé de l’innovation pédagogique au Sénégal.
Moctar Sissoko

Plus d'histoires
CEDEAO : Les directeurs des chaînes de télévision nationales mobilisés à Cotonou contre la désinformation
Riz sénégalais : vers une meilleure production et valorisation, le « Mardi du BAME » fait le point sur les défis et stratégies
Sénégal : La filière coquillage au cœur d’un renouveau sanitaire et économique grâce à un projet innovant