La communauté Balante du Sénégal (CBS) a clôturé, ce samedi 17 janvier 2026 à Dakar, un programme d’immersion culturelle exceptionnel. Cette initiative a accueilli une délégation d’Afrolocombbiens balantes, conduite par Mme Angélica María Rebolledo Pájaro, enseignante, chercheuse et porteuse de traditions afro-colombiennes, pour une résidence artistique et culturelle de 18 jours, du 31 décembre 2025 au 18 janvier 2026.
Née de la quête identitaire des Balantes d’ascendance afro-colombienne, cette immersion vise à renouer avec des racines vivantes, profondément marquées par la traite transatlantique et l’histoire de l’esclavage. Le Sénégal, foyer originel de la communauté Balante, est un lieu privilégié où traditions, patrimoine matériel et immatériel, ainsi que rites d’initiation, sont encore préservés.
Selon les organisateurs, ce projet s’inscrit dans une dynamique de valorisation et de documentation des expressions culturelles balantes, avec pour objectifs de renforcer les liens entre les communautés et d’alimenter une réflexion plus large sur la mémoire, l’identité, le patrimoine et le développement culturel.
Lors de la cérémonie de clôture, le président de la CBS, Eugène Diatta, a exprimé la portée profonde de cette visite. « Ils sont venus se ressourcer, se connecter et appeler à la recherche avec leurs frères et parents balantes. Conscients de leur identité à travers leurs patriarches, ils refusent désormais les noms imposés par les esclavagistes, souvent américains, pour reprendre leurs véritables noms de famille balantes », a-t-il expliqué. « Recevoir ces frères perdus, c’est un moment précieux, un lien retrouvé qui n’a pas de prix », a-t-il ajouté.
Pour la délégation colombienne, menée par Diviser Balanta Ararat, ce voyage a été riche en émotions et en apprentissages. « Nous avons acquis beaucoup de connaissances et réaffirmé notre identité balante et afro-descendante, perdue en Colombie, que nous comptons reconstruire à notre retour », a déclaré M. Ararat. Il insiste sur l’importance de cet enracinement : « Découvrir notre héritage africain, bien que nous soyons en Colombie, prouve que nos racines ne sont jamais perdues, malgré les frontières et les continents. »
Durant ces 18 jours, la délégation a participé à une série d’événements culturels et éducatifs : conférences thématiques sur la gastronomie, la route de l’esclave, le matriarcat et le patrimoine oral ; présentation de rites traditionnels tels que le « giyura », le baptême initiatique ; rencontres avec des chefs coutumiers, des sages, des associations estudiantines et des entrepreneurs culturels. Ces activités ont favorisé une immersion profonde dans la culture ancestrale balante et permis d’identifier des pistes solides de partenariats futurs, tant culturels qu’académiques ou socioéconomiques.
Un rapport final est attendu, qui documentera l’ensemble des activités menées, les apprentissages enregistrés ainsi que les perspectives développées, dans l’objectif de pérenniser ce précieux dialogue interculturel.
Moctar Sissoko

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