Le lundi 9 février 2026 restera gravé dans les mémoires comme une journée sombre pour la communauté éducative sénégalaise et internationale. Abdoulaye Bâ, un étudiant prometteur, est décédé suite à une intervention policière sur le campus social, selon un communiqué du Syndicat autonome des Enseignants du Moyen et Secondaire du Sénégal (SAEMSS).
Cette nouvelle tragédie illustre une fois de plus la tension grandissante qui règne dans les universités du pays. Depuis le début de l’année universitaire 2025-2026, le principal point de discorde réside dans le paiement des bourses étudiantes. Une réforme unilatérale introduite par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de l’Innovation et de la Recherche, modifiant les modalités de versement des bourses sans concertation avec les étudiants, a déclenché une série de protestations. Ces dernières ont souvent été réprimées avec une violence excessive par les forces de l’ordre.
Le SAEMSS dénonce fermement ces opérations policières répétées sur les campus, qui violent selon lui les franchises universitaires, lieux historiquement dédiés au savoir et au débat pacifique. L’organisation syndicale interpelle le gouvernement sénégalais, l’accusant d’ignorer les appels au dialogue et à la prise en compte de la dimension sociale des bourses étudiantes.
Dans son communiqué, le syndicat appelle à plusieurs mesures urgentes pour apaiser la situation : le retrait immédiat des forces de l’ordre des espaces universitaires, le paiement intégral des arriérés de bourses, la réouverture des restaurants universitaires, et l’ouverture d’une enquête rigoureuse pour faire la lumière sur la mort d’Abdoulaye Bâ. Le SAEMSS exige en outre que les responsables soient lourdement sanctionnés afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Cette perte d’un jeune étudiant dans des circonstances aussi tragiques plonge la société sénégalaise dans une profonde tristesse. Le SAEMSS exprime ses condoléances émues à toute la communauté éducative nationale et internationale et adresse un message de paix pour le repos de l’âme d’Abdoulaye Bâ, « parti à la fleur de l’âge ». Que la terre de Matam lui soit légère.
Cette violence récurrente dans les universités appelle une réflexion urgente sur la gestion des conflits étudiants et la priorité accordée à l’éducation dans les politiques publiques sénégalaises. Le pays est aujourd’hui interpellé quant à son avenir éducatif et à la préservation du droit des jeunes de s’instruire dans un environnement sûr et respectueux.
Abdou Thiam DOGO

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