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APPEL AU SURSAUT RÉPUBLICAIN : SAUVONS L’UNIVERSITÉ

 

Dakar,le 18 fèvrier 2026:Face à la crise qui secoue le système éducatif sénégalais, l’ancien dirigeant du mouvement étudiant et président du parti LDR Yessal, Modou Diagne Fada, lance un appel solennel à l’apaisement et au dialogue. Dans une déclaration rendue publique, il invite l’État et les étudiants à éviter l’escalade, estimant que « le bras de fer ne peut conduire qu’à l’impasse ».
Entré à l’université en 1988, année marquée par une « année blanche », puis exclu en 1994 à la suite d’un mouvement de grève ayant conduit à une année invalidée, Modou Diagne Fada dit parler en connaissance de cause. « Je mesure pleinement le poids des mots et l’urgence des actes, d’un côté comme de l’autre », affirme-t-il, soulignant la gravité d’une crise qui, selon lui, prend « des proportions de plus en plus préoccupantes ».

Aujourd’hui, observe-t-il, le système universitaire et éducatif est quasiment paralysé. Le mouvement de contestation, initialement circonscrit aux universités, s’étend désormais aux lycées, collèges et même à certains établissements privés. Une situation qu’il juge alarmante et qui impose, selon lui, un recentrage sur l’essentiel : sauver l’année académique avant qu’il ne soit trop tard.
Au-delà des clivages politiques et partisans, le président de LDR Yessal appelle à un « sursaut républicain ». Pour lui, il est encore possible d’éviter une année blanche, mais cela suppose des « actes forts et immédiats » ainsi qu’une volonté sincère de compromis.

Dans sa feuille de route pour sortir de la crise, Modou Diagne Fada décline plusieurs propositions qu’il estime prioritaires :
1. La libération des étudiants détenus.
Il considère qu’aucun dialogue fécond ne peut s’instaurer tant que des délégués étudiants restent en détention pour des faits liés à des revendications sociales. « Militons pour l’apaisement », plaide-t-il, estimant que le retour au calme dépend en grande partie de cette mesure.
2. Le retrait des forces de l’ordre des campus pédagogiques et sociaux.
Pour lui, l’université doit demeurer un sanctuaire du savoir et non un espace militarisé. Il appelle à laisser étudiants et enseignants évoluer « loin de la pression des uniformes ».
3. La réhabilitation des Amicales.
Il insiste sur la nécessité de restaurer ces cadres traditionnels de représentation estudiantine, qu’il considère comme les interlocuteurs légitimes pour organiser le dialogue et éviter la cacophonie.
4. La réouverture des restaurants universitaires.
Rappelant qu’il s’agit d’un service social vital, il estime que leur fermeture accentue la tension. « Ventre creux n’a point d’oreilles », souligne-t-il, pour illustrer l’urgence de cette mesure.
5. L’ouverture de discussions franches et inclusives.
Il préconise un dialogue sans faux-semblants entre l’État et l’ensemble de la communauté universitaire — étudiants, enseignants et personnels administratif et technique — afin d’assouplir et de rendre plus digestes certaines mesures contestées.
6. Le paiement des rappels de bourses.
Enfin, il insiste sur le respect des droits acquis, notamment le paiement des arriérés de bourses, tout en appelant à inscrire les nouvelles modalités dans un agenda concerté et prospectif.

En définitive, Modou Diagne Fada estime que l’État doit prendre le leadership dans la recherche de solutions, dans un esprit d’ouverture et de responsabilité. « Il est encore temps de sauver l’année universitaire », affirme-t-il, appelant à une mobilisation collective pour préserver l’avenir de milliers d’étudiants.
Par cet appel au sursaut républicain, l’ancien leader estudiantin invite toutes les parties à privilégier le dialogue à la confrontation, afin de préserver l’université sénégalaise et, au-delà, la stabilité du système éducatif national.

Abdou Thiam DOGO