Dakar, 14 avril 2024 – La salle de conférence de l’UCAD II a vibré au rythme de la mémoire et de l’avenir, à l’occasion du soixantième anniversaire de la Bibliothèque centrale (BU) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Placée sous le thème « Intelligence artificielle et société », cette cérémonie a rassemblé un large éventail d’acteurs de la communauté universitaire, des autorités étatiques ainsi que des professionnels de l’information.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), Daouda Ngom, a souligné dans son allocution les défis actuels et les engagements fermes pour l’avenir des bibliothèques universitaires sénégalaises. « Je parle en homme façonné par cette institution, en universitaire qui doit à la BU une part de son parcours et de son identité », a-t-il confié, évoquant ses années comme étudiant et enseignant-chercheur à la Faculté des sciences et techniques.
Face à un parterre composé du secrétaire d’État à la Culture et aux Industries Créatives, Dr Bacary Sarr, du recteur de l’UCAD, Pr Souleymane Kandji, ainsi que de doyens, directeurs, bibliothécaires, enseignants et étudiants, Daouda Ngom a affirmé que le renforcement des capacités d’accueil et technologiques de la bibliothèque centrale est « une nécessité impérative ». « Les infrastructures actuelles, malgré la compétence des équipes, ne répondent plus aux besoins de dizaines de milliers d’étudiants et chercheurs », a-t-il insisté. Il a par ailleurs promis l’appui de son ministère dans le cadre de l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur initié par le président de la République.
François Malick Diouf, directeur général de la BU, a quant à lui rappelé que cette célébration est aussi un temps de réflexion pour penser l’avenir. « La BU accompagne depuis six décennies plusieurs générations dans leur quête du savoir, bien au-delà d’un simple espace documentaire », a-t-il souligné, appelant à un soutien accru pour le projet d’extension et de modernisation. Ce dernier ambitionne de renouveler le modèle de service, en intégrant les technologies avancées, notamment l’intelligence artificielle, pour offrir des parcours d’information personnalisés et optimiser la recherche documentaire. Un projet de dépôt institutionnel, initié en 2020, vise également à valoriser la production scientifique de l’université.
Enfin, l’ancienne directrice de la BU, Mariétou Diongue Diop, a retracé les origines historiques de l’institution, remontant bien au-delà de 1965. Selon elle, ce jubilé restitue plus d’un siècle d’histoire, depuis les premières collections de l’école africaine de Médecine en 1918. Dans une évocation poétique, elle a comparé la bibliothèque à un baobab du savoir, ses racines plongeant dans la mémoire du continent africain.
Cette célébration anniversaire a ainsi marqué un tournant entre héritage et modernité, posant les bases d’une bibliothèque universitaire réinventée au service des futures générations.
Moctar Sissoko

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