À l’occasion d’une conférence de presse tenue ce mercredi 22 avril 2026 à la mosquée Masdjinoun Nour de Jet d’Eau, la plateforme nationale des femmes musulmanes du Sénégal, Ndeyi Askann Wi, s’est exprimée avec fermeté sur deux sujets d’actualité : la création de la Fondation Nationale Sénégal Solidaire, portée par la Première Dame, ainsi que les polémiques entourant la série télévisée « Takkema ».
Au nom de la cellule de communication, Dre Mariam Khady Mbacké a manifesté la surprise et les réserves de la structure face à l’annonce de cette fondation. Bien que saluant les intentions affichées, notamment l’aide aux démunis et le soutien aux femmes atteintes du cancer, Ndeyi Askann Wi alerte sur les conséquences politiques et sociales de cette initiative. Selon elle, la mise en place de cette fondation marque une rupture avec les engagements de gouvernance annoncés par le nouveau régime.
L’organisation souligne que la fondation, liée à la Première Dame, contrevient à la volonté de rupture affichée, qui critiquait ce type de structures sous les gouvernements précédents. Par ailleurs, des doutes ont été exprimés quant au financement de la fondation. Alors que le recours aux fonds publics serait inapproprié dans un contexte de rareté des ressources et de sous-financement des secteurs sociaux, un financement étranger soulève des inquiétudes sur des éventuelles conditions susceptibles d’impacter la souveraineté économique, culturelle et religieuse du pays.
La plateforme évoque également une possible stratégie d’influence, en lien avec la coïncidence entre la création de la fondation et les débats sociétaux récents. Elle appelle ainsi à la vigilance face à ce qu’elle considère comme une tentative d’orienter l’opinion publique sous couvert d’actions sociales.
Pour renforcer ce suivi, Ndeyi Askann Wi annonce la mise en place d’un observatoire indépendant chargé de surveiller les activités de la fondation, ses ressources et ses partenariats, afin de garantir la préservation des valeurs nationales.
Par ailleurs, la plateforme a condamné certaines dérives dans le secteur audiovisuel sénégalais, en particulier en rapport avec la série « Takkema », qui a suscité de vives controverses. Elle appelle à un encadrement plus strict des contenus diffusés, en veillant au respect des normes culturelles et sociales du pays.
Moctar Sissoko

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