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LaRSIC-EBAD-UCAD : Les archives en plaidoyer pour l’État de droit

 

Le rôle fondamental des archives dans la consolidation de l’État de droit et la défense des droits citoyens était au cœur des débats, ce mercredi 10 juin, lors d’une journée d’études organisée par le Laboratoire de Recherche en Sciences de l’Information et de la Communication (LaRSIC) de l’École de Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes (EBAD) de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Placée sous le thème « Archives pour la Justice : droits, mémoire et avenirs », cette rencontre a réuni chercheurs, professionnels de l’information, étudiants et acteurs du patrimoine autour d’un plaidoyer institutionnel d’envergure.

Dans son allocution d’ouverture, le directeur de l’EBAD, Djibril Diakhaté, a souligné la nécessité de reconnaître les archives comme une composante essentielle de l’État de droit. Il a rappelé que « les archives constituent des documents fondamentaux pour l’exercice de la justice et la protection des droits », une réalité qui, au Sénégal, prend une dimension toute particulière dans le contexte des mutations politiques actuelles et des nouvelles exigences citoyennes en matière de transparence.

Le Pr Diakhaté a insisté sur l’importance d’une politique archivistique rigoureuse : « Conservées, organisées et accessibles, les archives sont le socle de la mémoire institutionnelle et la garantie de la confiance des citoyens envers leurs institutions. » Il alerte : en l’absence de documents fiables, la capacité de la justice à établir les faits s’en trouve limitée, de même que la cohérence de la mémoire collective nationale.

Trois défis majeurs structurent la réflexion : la conservation, alors que nombre d’archives nationales demeurent exposées à la dégradation du fait de locaux inadéquats ou de l’absence de plan de sauvegarde ; l’accès, essentielle condition au respect du droit à l’information et à la preuve ; et enfin la gestion des archives numériques, enjeu émergent que pose la dématérialisation massive des documents administratifs.

Face à cette situation, l’EBAD s’engage sur quatre axes : la formation continue d’archivistes, la recherche pluridisciplinaire au sein de l’axe « Archive, Patrimoine et Société », la concertation entre les acteurs institutionnels et, surtout, le plaidoyer institutionnel. « Il est indispensable de faire reconnaître les archives comme une composante essentielle de l’État de droit et de mobiliser les ressources nécessaires à leur gestion », a plaidé le directeur de l’établissement.

La journée d’études a été ponctuée d’échanges de haut niveau, animés notamment par d’éminents universitaires et le magistrat Cheikh Tidiane Lam, confirmant la volonté partagée d’inscrire les archives au centre des politiques publiques de justice et de citoyenneté.

Moctar Sissoko