Serigne MBOUP, un maire TROP bruyant !
Il faudra un jour que certains élus locaux comprennent qu’une fonction municipale ne confère ni la légitimité, ni la compétence, ni surtout l’autorité nécessaire pour instruire le procès d’un Ministre de la République dans l’exercice plein et entier de ses prérogatives. La sortie du bureau municipal de Kaolack, relayée avec une complaisance déconcertante, relève moins de l’interpellation institutionnelle que de la gesticulation politicienne, un genre dans lequel, à l’évidence, ses auteurs excellent bien davantage que dans la gestion des affaires de leur propre cité.
Que l’on se le dise avec la clarté que la situation impose : *Mouhamadou Makhtar CISSÉ* n’a que faire des états d’âme protocolaires d’une municipalité en quête de visibilité. Ministre de l’Intérieur, il conduit une visite à Kaolack marquée, le bureau municipal lui-même le concède du bout des lèvres, par des rencontres avec les autorités administratives et plusieurs khalifats de la ville. Le reste, ces prétendues « zones d’ombre » agitées avec un sens consommé du dramatique, ne mérite pas l’honneur d’une réponse point par point tant l’artifice est grossier.
Une agitation qui masque mal l’essentiel
Que des rencontres se soient tenues, que des personnalités de la vie politique et religieuse locale y aient été associées, relève de la liberté la plus élémentaire d’un Ministre en déplacement dans une ville qu’il ne découvre pas. Vouloir ériger chaque dîner, chaque présence, chaque échange informel en scandale d’État témoigne d’une confusion préoccupante entre l’exercice normal de la vie publique et je ne sais quelle conspiration imaginaire. Ce n’est pas de la vigilance institutionnelle : c’est de l’anxiété politique mal dissimulée.
Quant à l’argument de la « considération protocolaire » prétendument bafouée parce que le maire, absent, s’est fait représenter par sa Première Adjointe, il faut une singulière capacité à se victimiser pour transformer sa propre absence en grief contre autrui. Nul n’a empêché le maire d’honorer sa ville de sa présence. Qu’il ait choisi de s’en abstenir puis de s’en plaindre relève d’une logique dont la Constitution ne prévoit heureusement aucune sanction, mais que le bon sens réprouve.
L’appel à la neutralité électorale, ou l’art de retourner l’accusation
Convoquer la question de la neutralité et de l’impartialité du Ministre en charge de l’organisation des élections, sur la base d’un dîner et de quelques présences, constitue un procédé aussi commode que fragile. L’impartialité d’un Ministre de la République ne se mesure pas à l’aune des rumeurs de salon, mais à celle de ses actes, de ses décisions et du cadre légal dans lequel il inscrit son action. Ceux qui se drapent aujourd’hui dans la vertu de la neutralité feraient bien de balayer devant leur propre porte avant d’ériger des tribunaux d’opinion.
Un conseil, gratuit celui-ci, au très bruyant maire de Kaolack
Kaolack n’a pas besoin d’un maire chroniqueur des allées et venues ministérielles. Elle a besoin d’un maire qui s’attaque, avec la même énergie qu’il consacre à ses sorties médiatiques, aux maux réels qui la gangrènent : *l’assainissement défaillant, l’état des routes et infrastructures, la précarité économique d’une partie de sa population, l’attractivité en berne d’une ville qui mérite mieux que des polémiques stériles, les populations de Kaolack demeurent confrontées à des défis structurels majeurs – insalubrité persistante, voirie dégradée, inondations récurrentes, chômage des jeunes et insuffisances dans les services urbains*. Le rôle d’un édile n’est pas de multiplier les prises de position bruyantes chaque fois qu’une autorité de la République foule le sol de sa commune ; c’est de gouverner, de bâtir, de résoudre.
Moins de bavardage, moins de mises en scène répétées aux côtés des autorités de ce pays pour capter une lumière qui ne lui revient pas, et davantage de résultats tangibles pour les administrés de Kaolack : voilà ce qu’attendent légitimement les populations. À force de transformer chaque visite ministérielle en tribune personnelle, on finit par perdre de vue la mission première pour laquelle on a été élu.
Mouhamadou Makhtar CISSÉ, lui, poursuit sa tâche avec la constance et la rigueur qu’exige sa fonction, loin des postures, loin des calculs, et parfaitement indifférent aux échos d’une polémique qui n’engage que ceux qui l’ont convoquée.
LA PENSÉE JUSTE, LA PAROLE VRAIE, L’ACTE SENSÉ !

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