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Affaire Mariama Ba dite Noura : Otra Africa demande que la lumière soit faite dans le respect de la présomption d’innocence

 

L’Organisation internationale Otra Africa a tenu une conférence de presse, ce mardi 13 octobre 2026, à son siège situé à Liberté 6 Extension, à Dakar. L’événement était consacré à la situation de l’arrestation de Mariama Ba, dite Noura, ainsi qu’à la détention de deux compatriotes sénégalais : Mme Mbayan Diop, en Arabie saoudite, et M. Modou Ngom, aux États-Unis.

Prenant la parole, le président de l’ONG, Souleymane Aliou Diallo, a souligné que cette rencontre avec la presse intervient dans un contexte marqué par de vives tensions et des débats préoccupants sur les réseaux sociaux. « Depuis plusieurs jours, une altercation oppose Mlle Mariama Ba, dite Noura, à des personnes se réclamant d’un mouvement nationaliste. Cette situation suscite de nombreuses réactions et soulève des interrogations sur le respect des droits fondamentaux et la cohabitation entre les communautés », a-t-il rappelé.

Selon M. Diallo, Mlle Mariama Ba, qui se présente comme de nationalité sénégalaise, est en garde à vue depuis le vendredi soir, sur instruction du parquet. Il a toutefois précisé qu’elle n’a pas été maltraitée par la police. Il a également indiqué que l’intéressée, ayant subi une opération chirurgicale, souffrait de douleurs avant son interpellation, avant d’être finalement admise à l’hôpital. « Actuellement, elle se sent très bien », a-t-il ajouté.

Le président de Otra Africa a par ailleurs affirmé qu’« aucun audio, ni vidéo n’incrimine Mariama Ba dite Noura sur les propos injurieux à l’égard de l’institution du Président de la République du Sénégal, encore moins à l’encontre d’un Khalife général d’une confrérie. Il s’agit d’intox et de manipulation ». Appelant à la prudence dans les commentaires, il a demandé que les éléments audiovisuels et les déclarations attribués à l’intéressée soient examinés avec rigueur, afin d’éviter les accusations infondées et les jugements erronés.

« Nous rappelons que la question de l’état civil, notamment celle de l’établissement et de la reconnaissance des documents administratifs, mérite un traitement sérieux, équitable et conforme aux lois de la République. Elle ne saurait justifier la stigmatisation d’une communauté entière », a-t-il poursuivi.

L’organisation Otra Africa exprime par ailleurs sa vive préoccupation face aux multiples agressions physiques, attaques verbales et violations du droit à l’image visant des boutiques et commerces appartenant à des personnes d’ethnie Peulh Fouta de Guinée. De tels actes, estime-t-elle, doivent faire l’objet d’enquêtes rigoureuses et de réponses appropriées de la part des autorités policières et judiciaires.

Dans la foulée, le président Diallo a interpellé l’État du Sénégal, « garant de la sécurité publique, des personnes et de leurs biens », l’appelant à assurer le suivi des plaintes déposées par différentes associations pour des faits similaires et à réprimer toute forme de violence, de discrimination ou de justice populaire.

Réaffirmant son engagement en faveur des droits humains, de la protection des migrants, de la lutte contre les discriminations et du renforcement de la cohésion sociale, Otra Africa demande « que la lumière soit faite sur les faits, dans le respect de la présomption d’innocence et sans amalgame entre les responsabilités individuelles et l’identité d’une communauté ».

Concernant les deux compatriotes détenus à l’étranger, le président Diallo a lancé un appel aux stars internationales sénégalaises évoluant en Arabie saoudite, notamment Sadio Mané et Kalidou Koulibaly, les invitant à user de leur influence pour obtenir la libération de Mme Mbayan Diop. Aux États-Unis, il a appelé à la mobilisation de la communauté sénégalaise pour la libération de M. Modou Ngom.

Moctar Sissoko