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CHEIKH HAMIDOU KANE, L’HOMME PART, LE LETTRÉ NOUS RESTE À JAMAIS DANS NOS COEUR ❤️ LA ROYALE !

 

Il est mort ce matin, 4 octobre 2026 à 98 ans.
Et le Sénégal vient de perdre son maître, l’Afrique, sa boussole, le monde, une de ses consciences.
Il n’était pas un écrivain, ce dernier écrit des livres, lui a écrit une question qui ne nous quittera plus jamais.
En 1961, avec l’aventure ambiguë, il n’a pas fait un roman, il a déposé devant l’humanité entière la question la plus déchirante qui soit, ce qu’ils apprendront vaut-il ce qu’ils oublieront ?
Toute l’Afrique était dans cette phrase, tout le monde l’est encore aujourd’hui.
Samba Diallo n’est pas mort, il marche encore dans chaque jeune de Matam, de Dakar, de Bamako, de Paris, de New-York qui va à l’école des autres et qui revient étranger chez lui. Il marche en nous tous.
Cheikh Hamidou Kane avait compris avant tous les philosophes occidentaux que la modernité ne serait pas un progrès, mais une ambiguïté. Qu’apprendre à vaincre sans avoir raison n’était pas une victoire.
Il a été gouverneur, ministre du plan, haut fonctionnaire de l’UNICEF à Lagos et Abidjan, vice-président à Ottawa.
Il aurait pu être président, mais il a choisi d’être gardien du temple.
Titre de son second livre en 1995 ainsi que de toute sa vie.
Il était gardien
De l’éthique peulh, de la parole qui pèse. De l’homme qui n’est pas un outil qui a du rendement, mais un chantier infini dont Dieu seul connaît l’immensité.
Il nous rappelait ce que le chef des Diallobé disait : l’occident est possédé par le rendement de l’outil, il a oublié l’immensité infinie du chantier.
Il était ce chantier immense, silencieux et intègre.
Il n’a jamais crié l’africanité, il l’a incarnée, sobre, élégante.
Droit comme un thierno qui a fait Louis-le-Grand et la Sorbonne sans jamais quitter la natte de prière de son enfance. C’est ça, la fierté africaine la plus haute, ne pas avoir à choisir entre Descartes et le Coran, entre Thierno et le chevalier, les tenir ensemble.
La terre de Dakar va reprendre le corps de l’enfant de Matam.
Mais l’aventure n’est pas finie, elle commence.
Car les grands hommes ne meurent pas, ils se retirent du visible pour devenir invisibles et partout présents.
Adieu Thierno, adieu maître.
Tu nous avais prévenus, au bout du petit matin, ce n’était pas toi, c’était Césaire, mais tu étais son frère.
Tu étais le petit matin qui n’a jamais cessé d’éclairer.

Que la terre de Yoff te soit légère.
Que le verbe que tu as si bien servi te serve maintenant d’éternité.

Doudou Sarr Auteur-Écrivain, Économiste.