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IPD, OMS et MSHP célèbrent la science lors de la Journée mondiale de la Santé

 

Dakar, 15 avril 2026 – À l’occasion de la Journée mondiale de la Santé, placée cette année sous le thème « Ensemble pour la science », l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Institut Pasteur de Dakar (IPD) et le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique (MSHP) ont organisé une table ronde scientifique de haut niveau. Cette rencontre s’est tenue le mercredi 15 avril au siège de l’IPD à Dakar, réunissant décideurs, chercheurs, partenaires techniques et représentants de la société civile.

Intitulée « Investir collectivement dans l’innovation et les politiques fondées sur les preuves pour accélérer la couverture sanitaire universelle (CSU) au Sénégal », la table ronde avait pour objectif de promouvoir un investissement stratégique, coordonné et durable dans la recherche, l’innovation et l’utilisation des données probantes.

Face à la multiplication des crises sanitaires, climatiques et informationnelles, la science s’affirme comme un levier incontournable pour renforcer la résilience des systèmes de santé et accélérer les progrès vers la CSU. Au Sénégal, des avancées significatives ont été enregistrées notamment en vaccination, surveillance épidémiologique, recherche opérationnelle et digitalisation des systèmes de santé, malgré des défis persistants en matière de financement et valorisation des données scientifiques, souligne le document de presse.

Lors de l’ouverture, le Directeur général de l’IPD, le Dr Ibrahima Socé Fall, a insisté sur l’importance de cette journée pour réaffirmer l’engagement collectif vers une santé plus équitable, résiliente et souveraine. « Depuis plus d’un siècle, l’Institut Pasteur de Dakar œuvre au service des populations africaines. Nous sommes aujourd’hui un acteur intégré capable de concevoir, produire et déployer des solutions de santé adaptées aux réalités du continent et au-delà », a-t-il déclaré, citant en exemple le récent test rapide de dépistage de la rougeole, premier du genre développé en Afrique et reconnu mondialement.

Le Dr Fall a toutefois alerté sur le faible nombre d’essais cliniques réalisés sur le continent, avec moins de 4% à l’échelle africaine et seulement 0,6% pour les maladies cardiovasculaires, ce qui limite l’adaptation des diagnostics et traitements aux besoins locaux. « Nos équipes travaillent donc sur les aspects génétiques et génomiques pour développer une médecine personnalisée répondant véritablement aux nécessités africaines », a-t-il précisé.

Le Représentant résident de l’OMS au Sénégal, le Dr Michel N’da Konan Yao, a pour sa part expliqué le choix de l’Institut Pasteur pour accueillir cet événement : « Face à la transition épidémiologique, la montée des maladies non transmissibles, les effets du changement climatique et l’émergence de nouveaux pathogènes, la science est un outil indispensable pour comprendre, anticiper et agir efficacement ». Il a rappelé que des données locales fiables constituent la clé pour développer des solutions adaptées et durables.

Au nom du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, le Professeur Bécaye Fall, Directeur des laboratoires, a souligné les défis majeurs à relever, notamment le renforcement des capacités à utiliser des données probantes de qualité, l’accélération de la conversion de la recherche en actions concrètes et l’atteinte de la souveraineté scientifique et financière, alors que 85% des financements viennent encore de l’extérieur. « Investir dans la science, c’est investir dans notre capacité à décider, anticiper les crises et répondre aux besoins de nos populations. Cela nécessite une mobilisation collective de l’État, des institutions de recherche, des universités, des partenaires, du secteur privé et de la société civile », a-t-il conclu.

Cette table ronde a également été marquée par plusieurs panels abordant des thématiques telles que : « Pourquoi investir dans la science est aujourd’hui un levier stratégique pour la souveraineté sanitaire et la CSU » ou encore « Comment la science transforme concrètement les systèmes de santé et les résultats au Sénégal ».

Moctar Sissoko