Dakar, 1er mai 2026 – À l’occasion de la célébration de la Journée internationale du travail, le Syndicat national des travailleurs des transports routiers du Sénégal (SNTRS), affilié à la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal, a remis sur la table les préoccupations majeures qui minent le secteur du transport routier. Réuni ce vendredi à Dakar, le syndicat a plaidé pour un assainissement profond du milieu, tout en appelant les autorités à privilégier une démarche participative impliquant l’ensemble des acteurs.
Prenant la parole devant les militants et responsables syndicaux, le secrétaire général national du SNTRS, Alassane Ndoye, également président de la Fédération des syndicats des transports routiers du Sénégal, a rappelé que la plateforme revendicative portée par la fédération repose sur dix points essentiels touchant aux conditions de travail, à la sécurité routière et à la gouvernance du secteur.
Selon lui, des avancées ont été notées sur trois revendications jugées prioritaires, notamment l’interdiction de la circulation nocturne pour certains chauffeurs, la lutte contre les tracasseries routières et d’autres mesures transversales touchant l’activité du transport. « Nous avons abouti à un accord sur trois points essentiels. Le reste fera l’objet d’un travail technique en commission, notamment tout ce qui concerne l’assainissement global du secteur », a-t-il indiqué.
Mais pour le responsable syndical, ces premiers acquis restent insuffisants face à l’ampleur des dysfonctionnements constatés sur le terrain. Il a insisté sur la nécessité de repenser l’organisation du transport routier dans son ensemble afin de garantir de meilleures conditions aux chauffeurs, apprentis, propriétaires de véhicules et usagers.
« Le secteur a besoin d’être assaini de toute urgence. Cependant, cet assainissement ne saurait réussir sans l’implication directe des professionnels du transport. Ce sont eux qui connaissent les réalités du terrain et les difficultés quotidiennes », a martelé Alassane Ndoye, invitant l’État à ouvrir un cadre de dialogue permanent et inclusif.
Le secrétaire général national a également dénoncé la persistance de plusieurs maux qui continuent de fragiliser les travailleurs, parmi lesquels les multiples contrôles abusifs sur les routes, la non-application effective du décret interdisant aux chauffeurs de rouler la nuit, pris sous le régime de Macky Sall, ainsi que la lenteur observée dans la révision de la convention collective nationale des travailleurs des transports routiers.
Cette sortie du SNTRS intervient dans un contexte social encore marqué par la récente grève du syndicat, observée du 30 mars au 10 avril 2026, soit plus de dix jours de paralysie partielle du secteur, pour exiger une meilleure prise en charge des revendications des transporteurs.
En remettant la pression sur les pouvoirs publics en ce 1er Mai, le SNTRS entend visiblement maintenir la mobilisation jusqu’à l’obtention de réponses concrètes. Car pour les travailleurs du transport routier, l’heure n’est plus aux promesses, mais à des réformes structurelles capables de remettre durablement de l’ordre dans un secteur vital pour l’économie nationale.
Moctar Sissoko

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