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Sécurité routière au Sénégal : l’ANPAVH tire la sonnette d’alarme et dénonce un système en crise

 

Face à une recrudescence dramatique des accidents de la route, l’Association Nationale des Accidentés Vivant avec un Handicap (ANPAVH) dénonce la mauvaise gestion des fonds publics dédiés à la sécurité routière, appelle à une mobilisation collective et menace d’engager des poursuites judiciaires.

Le constat est alarmant : chaque jour, les routes sénégalaises continuent de faire des victimes, avec des pertes humaines, des handicaps irréversibles et des conséquences sociales et économiques dévastatrices pour les familles. Ce samedi 23 mai 2026, à l’occasion d’une campagne de sensibilisation organisée à Dakar, l’Association Nationale des Accidentés Vivant avec un Handicap (ANPAVH) a lancé un cri d’alarme face à la « situation alarmante de l’insécurité routière » dans le pays.

Cette journée, dédiée à la mémoire de Cheikh Oumar Gaye, un infatigable militant pour la sécurité routière disparu, visait à alerter l’opinion publique sénégalaise et internationale. Derrière les chiffres parfois banalisés, il y a un véritable drame humain que l’ANPAVH refuse de laisser dans l’indifférence.

L’association déplore en particulier la « défaillance persistante » dans la gestion des fonds alloués à la sécurité routière par l’Agence Nationale de la Sécurité Routière (ANASER). Selon elle, des ressources censées permettre aux associations et acteurs communautaires d’agir efficacement pour prévenir les accidents et accompagner les victimes sont retenues sans justification, compromettant ainsi leurs actions sur le terrain.

Face à cette situation, l’ANPAVH annonce qu’elle se réserve « le droit d’engager une procédure judiciaire » contre l’ANASER afin de faire toute la lumière sur la gestion de ces fonds. Elle appelle également les autorités publiques, les partenaires techniques et financiers, ainsi que la société civile, à une mobilisation collective pour faire de la sécurité routière une priorité nationale.

Alors que les accidents continuent d’endeuiller des familles, ce communiqué sonne comme un appel urgent à la responsabilité et à l’action. Au-delà des promesses et des budgets, c’est une véritable prise de conscience sociétale qui est nécessaire pour inverser la courbe dramatique de l’insécurité routière au Sénégal.

À défaut d’une mobilisation forte et transparente, la route sénégalaise continuera de faire des ravages, mais l’ANPAVH, porte-voix des accidentés, assure ne pas baisser les bras, prêt à faire entendre sa voix – et celle des victimes – jusqu’à ce que justice soit faite et que la sécurité devienne enfin une priorité partagée.

Abdou Thiam DOGO