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Les étudiants de Kédougou à Dakar montent au créneau : « Nous ne céderons pas un seul de nos acquis »

 

Dakar, le 29 octobre 2026– L’Association des élèves et étudiants ressortissants de Kédougou (AEERK) a tenu un point de presse, ce jeudi à Dakar, pour alerter l’opinion publique sur deux préoccupations majeures : le non-respect des engagements pris par le ministre des Mines et de la Géologie ainsi que le directeur des Mines, et le blocage des subventions allouées aux étudiants de la région.

Devant une centaine d’étudiants réunis dans l’un des deux immeubles de la Médina abritant des ressortissants de Kédougou, les responsables de l’association ont interpellé les autorités compétentes sur la nécessité de respecter les engagements pris et de trouver une solution au blocage des subventions destinées aux étudiants de la région.

Prenant la parole, le chargé d’organisation du bureau exécutif de l’AEERK, Mady Soumaré, a rappelé que « nos terres abritent les plus grandes entreprises minières du pays ». En contrepartie de l’exploitation des ressources, et dans le cadre de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), ces sociétés sont censées accompagner les communautés. « Pour nous étudiants, cet accompagnement se matérialise par le paiement de nos logements et une subvention d’entretien pour nos immeubles qui logent des centaines d’étudiants de Kédougou à Dakar », a-t-il précisé.

Il a ajouté que cette subvention n’est pas un luxe : « Elle sert à payer l’eau, l’électricité, le vidange des fosses, le nettoyage, la désinfection pour maintenir l’hygiène et la dignité dans nos logements. »

Depuis 2024, soit près de deux ans, ces subventions sont totalement bloquées au niveau de la Direction des Mines et de la Géologie. Conséquence : « Nos immeubles sont dans un état d’insalubrité avancé. Les toilettes débordent, les factures d’eau et d’électricité s’accumulent, les conditions de vie sont devenues inhumaines pour des étudiants qui sont censés apprendre dans de bonnes conditions. »

Mady Soumaré a souligné que les étudiants ont respecté les voies légales : « Nous avons rencontré la Direction des Mines ainsi que les autorités administratives de Kédougou et les personnes compétentes pour exposer la situation, mais hélas. » Et d’avertir : « Nous sommes plus que jamais engagés pour préserver notre dignité. Nous userons de tous les moyens légaux, pacifiques mais fermes, pour nous faire entendre. Nous irons jusqu’au bout. » L’association demande au nouveau gouvernement de prendre ses responsabilités et de débloquer immédiatement les subventions.

De son côté, le chargé des relations extérieures de l’AEERK, Lassana Cissokho, a rappelé qu’en 2008, les étudiants de Kédougou vivaient dehors, abandonnés. « Nous nous sommes levés. Cette lutte a été sanglante. Elle nous a coûté la vie de notre frère, de notre martyr, Sina Sidibé. Paix à son âme », a-t-il déploré.

« C’est son sang qui a fait entendre Kédougou. C’est après ce drame que le président Abdoulaye Wade, sensible à notre cri, nous a octroyé ces immeubles. C’est un acquis obtenu avec une vie humaine. Le régime du président Macky Sall l’a compris et l’a maintenu », a-t-il poursuivi.

C’est pourquoi les étudiants ne veulent pas que l’histoire se répète. « Aujourd’hui, on veut nous retirer ce que la mort nous a donné. Et de la manière la plus hypocrite : non pas en venant nous dire « on vous retire vos immeubles », mais en nous asphyxiant lentement », a dénoncé Lassana Cissokho.

Pire encore, selon lui, l’État veut retirer ces immeubles. « Nous ne reculerons pas d’un centimètre. Nous ne céderons pas un seul de nos acquis. Chaque brique de ces immeubles est teintée du souvenir de notre frère », a-t-il martelé, annonçant que les étudiants comptent passer à la vitesse supérieure pour faire entendre leur voix.

Moctar Sissoko