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Académie Wax Jotna réclame la reconnaissance du féminicide et exige la réforme du Code de la famille

 

Dakar, le 29 mars 2026 – L’Académie Wax Jotna a organisé ce dimanche un sit-in citoyen à Dakar pour exiger la reconnaissance du féminicide en tant que crime spécifique et réclamer une réforme en profondeur du Code de la famille sénégalais.

Réunis par centaines, en majorité des femmes vêtues de t-shirts et foulards violets, couleur symbolique de la campagne, les participants ont pris part à une causerie portant notamment sur le harcèlement, les inégalités et les féminicides. Assises sur des nattes, elles ont suivi avec attention les interventions.

Face à la presse, Djariata Ndao, membre du comité de pilotage de Wax Jotna, a lancé un appel solennel aux autorités sénégalaises : « Nous sommes ici aujourd’hui pour revendiquer la reconnaissance du féminicide comme un crime spécifique – à l’instar du parricide ou de l’infanticide – au sein du Code pénal, conformément aux engagements pris par le président Diomaye Faye et son gouvernement dans leur programme 2024. »

Elle a rappelé l’ampleur des violences faites aux femmes au Sénégal, soulignant qu’« selon l’ANSD, 87,2 % des violences basées sur le genre touchent les femmes avant leur majorité, tandis que 89 % des femmes subissent des violences de genre en général ». Ces chiffres illustrent, selon elle, l’urgence de la mobilisation.

Djariata Ndao a précisé les trois revendications majeures portées par l’Académie : la reconnaissance du féminicide dans le Code pénal, une réforme substantielle du Code de la famille, ainsi que l’instauration du droit à la recherche de paternité.

De son côté, Suzanne Sy, coordinatrice de la campagne Wax Jotna, a dénoncé le silence et la banalisation du phénomène du féminicide au Sénégal, souvent entretenus par un contexte social difficile. « Quand une femme décide de quitter un foyer violent, ce sont parfois ses propres parents qui la contraignent à y retourner », a-t-elle dénoncé.

Elle a réitéré le plaidoyer de la campagne : « Nous demandons simplement au Président de la République de tenir ses promesses électorales concernant la réforme du Code de la famille. Il s’est engagé à faire évoluer les articles 186, relatif à la recherche de paternité, et 176, portant sur l’autorité parentale partagée. Nous lui demandons de respecter ces engagements. »

Par ailleurs, la coordinatrice a appelé à l’harmonisation des lois nationales avec les traités internationaux ratifiés par le Sénégal, notamment le protocole de Maputo. Ce dernier fixe à 18 ans l’âge minimum du mariage pour filles et garçons, et autorise l’avortement en cas de viol ou d’inceste. « Comment peut-on encore demander à une jeune fille de 15 ans de porter l’enfant de son propre père ? » a-t-elle conclu, en appui à cette exigence.

Cette mobilisation reflète la détermination de l’Académie Wax Jotna à combattre toutes les formes de violences faites aux femmes et à faire évoluer le cadre légal sénégalais pour mieux protéger les droits des femmes.

MOCTAR SISSOKO