Le collectif de Lansar Auto, le Conseil national des dirigeants d’entreprises du Sénégal (CNDES), le Groupe Secteur Privé Développement ainsi que les conseils de Mahmadane Sarr, dit Dane Sarr, ont tenu un point de presse, ce mercredi 23 septembre 2026, au siège de la société Lansar Auto, sis à Yoff, à Dakar. Ils y ont plaidé pour la libération de l’homme d’affaires ou, à défaut, l’octroi d’une liberté provisoire, en attendant un non-lieu total.
Portant la parole du collectif, l’un des conseils de Mahmadane Sarr, Gorgui Dia, a frontalement attaqué l’ONRAC, dénonçant de « graves manquements » dans la gestion du parc saisi, appartenant à des banques locales (SGBS, Banque Atlantique, BOA, ALIOS) et à des sociétés privées.
Alors que l’ONRAC affiche un bilan officiel de 88 véhicules saisis, la défense réévalue ce chiffre à 97, en y intégrant des commandes étatiques non comptabilisées ainsi que des voitures disparues. Au-delà de ce décompte, c’est le sort de 10 véhicules volatilisés qui cristallise toutes les tensions.
Les proches de Lansar Auto affirment que 27 véhicules de la Primature, bénéficiaire de la cession, font l’objet d’un potentiel « détournement manifeste de biens publics ». Ils exigent la publication immédiate des procès-verbaux de vente de ces véhicules d’occasion.
L’autre angle d’attaque de la défense cible la légalité de cette transaction. Selon Gorgui Dia et ses camarades, le code de la commande publique sénégalaise interdit formellement aux institutions publiques d’acheter des véhicules d’occasion. Pire encore, leurs investigations révèlent que sur ces 27 voitures, seules 17 arborent une immatriculation administrative (AD), tandis que les 10 autres circulent sous des immatriculations privées, avec des cartes grises mutées au nom de particuliers.
En parallèle de ces accusations de malversations institutionnelles, l’entourage du patron de Lansar Auto a tenu à rappeler sa situation personnelle. Mahmadane Sarr est écroué sous mandat de dépôt depuis le 13 janvier 2025 pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux, blanchiment de capitaux et escroquerie sur les deniers publics, une affaire estimée à plus de 13,6 milliards de F CFA.
La défense soutient qu’il présente toutes les garanties de représentation et réclame désormais l’octroi d’une liberté provisoire.
Moctar Sissoko

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