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Assemblée nationale : le FDR exige la sortie d’Ousmane Sonko au nom de la Constitution

 

 

Dakar,le 03 juin 2026 :L’affrontement institutionnel autour du statut du député-ministre, entre respect des lois et luttes politiques, une menace pour la stabilité démocratique du Sénégal.

En plein tumulte politique à Dakar, la déclaration ferme du Front pour la Défense de la République (FDR) relance le débat sur la légitimité d’Ousmane Sonko, ancien Premier ministre et figure du mouvement PASTEF, à siéger à l’Assemblée nationale. Le parti dénonce une “tentative de coup d’État parlementaire” orchestrée par PASTEF et exige le retrait immédiat du leader de l’opposition, qu’il considère comme un député illégal et illégitime, au nom du respect de la Constitution.

Voilà plusieurs jours que la tension monte au sein de la classe politique sénégalaise. Le FDR, rejoint par 147 partis et mouvements, fait front commun pour contester ce qu’il qualifie de “forfaiture”, en référence à la modification du règlement intérieur de l’Assemblée nationale permettant à Sonko de retrouver son siège. Selon le FDR, cette manoeuvre est une violation manifeste du Code électoral, notamment de son article LO172, qui stipule qu’un ministre élu député doit choisir dans les huit jours entre son poste gouvernemental et son mandat parlementaire.

“La Constitution est d’une précision chirurgicale,” affirme la Conférence des leaders du FDR, qui rappelle qu’une loi organique, non une simple modification du règlement intérieur, est nécessaire pour réintégrer à l’Assemblée un député devenu ministre. Le processus suivi par PASTEF, selon ses détracteurs, contournerait les règles, menaçant la stabilité des institutions et la pérennité de la démocratie dans le pays.

La bataille prend désormais une dimension nationale, après la saisine du Conseil constitutionnel par les députés de l’opposition. Pour le FDR, il s’agit d’une lutte pour l’avenir du Sénégal : “Ce combat n’est dirigé que contre ceux qui ont à cœur d’affaisser les ressorts de la nation, de lui faire perdre l’essentiel de ses acquis démocratiques.”

Du côté de PASTEF, la riposte s’organise, Sonko accusant ses adversaires de vouloir entraver les réformes et de détourner l’attention vers une lutte de pouvoir. Mais pour ses contestataires, la question dépasse les personnalités : elle touche au respect des lois et à la crédibilité des institutions.

L’urgence, d’après le FDR, est donc de restaurer le cadre légal et de préserver la République : “Pour la préservation de la démocratie et de la République, l’acte illégal de l’Assemblée doit être impérativement rapporté et Ousmane Sonko être sorti de l’Assemblée nationale.”

En toile de fond, la Conférence des leaders appelle les forces vives à s’accorder sur un plan d’actions pour empêcher la violation des lois et la “profanation programmée de nos institutions.”

Dans un contexte de défiance croissante et de crispation institutionnelle, l’affaire Sonko cristallise toutes les tensions. Alors qu’une décision du Conseil constitutionnel est attendue, le Sénégal retient son souffle : au-delà d’un homme, c’est la République qui joue son avenir.

Abdou Thiam DOGO