iratv.net

Informer en temps réel !

Dakar : L’Afrique, épicentre des saisies mondiales de tramadol entre 2020 et 2024

 

C’est à Dakar, ce mardi 23 juin 2026, qu’a été donné le coup d’envoi d’un atelier mené conjointement par le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), sur le thème : « L’émergence de nouvelles drogues au Sénégal : enjeux et défis pour la jeunesse et les forces de sécurité ». Organisée dans le cadre de la semaine nationale de sensibilisation et de mobilisation contre l’abus et le trafic illicite de drogues, la rencontre réunit durant deux jours jeunes, forces de sécurité, autorités nationales et partenaires internationaux autour des menaces croissantes liées aux drogues synthétiques et aux nouvelles substances psychoactives.

Au centre des débats, un constat frappant : « Entre 2020 et 2024, l’Afrique a concentré près de 97 % des saisies mondiales de tramadol », a révélé Sylvie Bertrand, représentante régionale de l’ONUDC. Ce médicament détourné, devenu substance à haut risque dans la région, témoigne d’une dynamique africaine singulière en matière de trafic de psychotropes.

Pour Mme Bertrand, le Sénégal ne considère pas la question des drogues comme un problème isolé, mais bien comme un enjeu collectif impliquant sécurité, santé publique, jeunesse et cohésion sociale. À l’échelle globale, elle note une transformation rapide des dynamiques du trafic, où drogues synthétiques, détournements de produits pharmaceutiques et contrefaçons médicales deviennent monnaie courante, à l’image de ce que subit l’Afrique de l’Ouest.

La dimension collective de la riposte est partagée par la CEDEAO. Son représentant, Jean Abossuwè Anade, a tenu à rappeler que « la lutte contre le trafic de drogue s’inscrit au cœur de la Vision 2050 de la CEDEAO », alors que la région fait face à une multiplication des menaces, du trafic d’armes à la cybercriminalité.

Même son de cloche pour Leonardo Santos Simão, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, qui a insisté sur la nécessité d’une plateforme de dialogue permanente entre forces de sécurité, jeunesse et société civile, seule voie crédible pour combattre un phénomène protéiforme.

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom des autorités sénégalaises, le secrétaire permanent du CILD et Commissaire divisionnaire Idrissa Cissé a réaffirmé la détermination de l’État à « renforcer l’action publique pour réduire la menace, protéger la jeunesse et adapter nos réponses aux nouvelles formes de trafic ». Mais il l’admet : « Le trafic de drogue va persister. Nous ne pouvons pas promettre son éradication totale. »

La politique sénégalaise, conclut-il, s’articule donc autour d’un triptyque : « Réduire la menace, réduire l’offre, réduire la demande et les effets sur la société. Ce combat commence avec le travail des forces de sécurité, mais requiert l’engagement de tous. »

Pour aller plus loin :
– Entre 2020 et 2024, près de 97 % des saisies mondiales de tramadol réalisées sur le continent africain, selon l’ONUDC.
– Le Sénégal, en première ligne face à la mutation des trafics et à la pression sur la jeunesse.
– Une mobilisation régionale et internationale, au cœur d’une semaine nationale de lutte contre les drogues.

Moctar Sissoko