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Dakar, le 12 mai 2026 – La SEDIMA dans la tourmente ?

 

Un vent d’inquiétude souffle depuis plusieurs mois sur la SEDIMA, unique minoterie sénégalaise et fleuron de l’industrie agroalimentaire nationale. L’arrivée à sa tête de Frank Bavard, recruté sous la direction de la députée Anta Babacar Ngom, suscite de multiples interrogations, tant sur le plan social qu’économique.

Selon plusieurs sources internes, relayées par Mamadou Niang, cadre de production et consultant fort de plus de vingt ans d’expérience dans le secteur, le climat social s’est nettement dégradé ces dernières années. Les employés dénoncent une gestion sociale jugée « indigne » pour une entreprise de cette envergure. « Avant l’arrivée de Frank Bavard, feu Jean-Claude Mimran avait offert à de nombreux travailleurs des parcelles à Diamniadio, un geste salué pour sa contribution à la stabilité sociale », rappelle Niang dans une lettre ouverte adressée à Anta Babacar Ngom.

Or, depuis la prise de fonction de Bavard, certaines décisions concernant ce projet auraient plongé plusieurs bénéficiaires dans l’incertitude, et les retenues opérées sur l’intéressement aux bénéfices n’ont fait qu’attiser l’incompréhension. Plus préoccupant encore, l’entreprise aurait licencié plus de 200 Sénégalais sous sa direction, dont de nombreux accidentés du travail et personnes amputées. Selon Niang, ces départs dans des conditions « particulièrement difficiles » auraient eu de lourdes conséquences sociales, certaines familles se retrouvant dans la précarité.

Outre le malaise social, les performances industrielles auraient, elles aussi, pâti de cette nouvelle gouvernance. Les Grands Moulins de Dakar, capables par le passé d’écraser plus de 1 300 tonnes de blé par jour grâce à trois unités de production, tourneraient aujourd’hui à moins de 500 tonnes quotidiennes. Deux des moulins les plus performants seraient quasiment à l’arrêt.

À ces accusations s’ajoutent des rumeurs persistantes et un déficit de communication de la direction, contribuant à dégrader le climat de confiance. D’autres interrogations, plus graves encore, sont soulevées : pour quelles raisons Frank Bavard a-t-il été interpellé puis placé en détention ? Quels liens aurait-il entretenus avec des affaires d’armes évoquées sous l’ancien régime ?

Pour de nombreux salariés et ex-employés, la transparence est désormais incontournable pour préserver l’avenir de cette grande institution sénégalaise. Ils en appellent à un éclaircissement public sur ces dossiers jugés sensibles.

Le dossier SEDIMA reste à suivre.