L’Atelier national de lancement du processus d’élaboration du Programme national de sécurisation foncière (PNSF) s’est tenu ce mercredi 4 novembre 2026 à Dakar.
La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence du directeur général du Projet Cadastre et Sécurisation Foncière (PROCASEF), du directeur de cabinet du ministre auprès du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, chargé du Budget, ainsi que du président de l’Association des maires du Sénégal (AMS). Elle a réuni une centaine de participants représentant les institutions publiques, les collectivités territoriales, la société civile, les organisations professionnelles, le secteur privé, les institutions de recherche et de formation et les partenaires techniques et financiers.
Le processus d’élaboration du PNSF vise à construire un cadre national de référence permettant de renforcer la sécurisation foncière, d’améliorer la cohérence des interventions et de pérenniser les acquis des initiatives engagées par l’État, les collectivités territoriales et leurs partenaires. Ce programme ambitionne de définir, dans une démarche participative et concertée, une vision commune, des priorités stratégiques et un cadre de mise en œuvre adaptés aux enjeux fonciers du Sénégal pour les quinze prochaines années.
Cette rencontre a également permis de présenter la démarche d’élaboration du programme, de recueillir les premières contributions des acteurs et de partager les prochaines étapes, notamment les concertations territoriales et sectorielles ainsi que la Semaine nationale du foncier 2026.
Prenant la parole, le président de l’AMS, Oumar Ba, a rappelé que les 9 et 10 décembre 2024, l’Association des maires du Sénégal, avec l’appui du PROCASEF et d’autres partenaires, avait réuni 200 acteurs, dont 120 maires venus de tous les départements du pays, pour réfléchir sur la gestion foncière des terres du domaine national à l’aune de l’agenda national de transformation du Sénégal. « Cet atelier est né d’un mémorandum adressé au gouvernement », a-t-il précisé.
Selon le président de l’AMS, le message central de ce mémorandum est clair : « La sécurisation foncière doit être généralisée à toutes les communes du Sénégal. »
Il a révélé qu’« aujourd’hui, environ 4 communes sur 10 seulement sont couvertes par le programme national de sécurisation foncière. Il doit être le programme de la généralisation, celui de toutes les communes et pas seulement de celles qu’un projet a pu retenir, mais aussi celui de tous les secteurs : agriculture, élevage, pastoralisme, pêche, etc. ».
Oumar Ba a par ailleurs formulé cinq attentes à l’endroit de ce programme : la généralisation de la sécurisation foncière ; l’institutionnalisation des acquis et l’harmonisation des outils déployés par les différents projets ; des outils clairs pour suivre la correction des incohérences territoriales engagées par l’Agence Nationale de l’Aménagement du Territoire (ANAT) ; et la reconnaissance des droits fonciers légitimes, afin de faciliter l’accès à la terre des jeunes et des femmes, de protéger les exploitations familiales et de préserver la vocation agricole de certaines terres.
Présidant la rencontre au nom du ministre auprès du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, chargé du Budget, son directeur de cabinet, Amadou Abdoulaye Badiane, a estimé que ce programme « ne sera ni celui d’un projet, ni celui d’une direction, ni celui d’un ministère. C’est une affaire de tous et pour tous. Il sera le cadre de référence de l’ensemble des acteurs du foncier pour les 15 prochaines années ».
Une vision, des priorités et un cadre de mise en œuvre que chacun reconnaîtra comme le sien, dans le respect des mandats et des expertises de chacune des institutions.
Le PNSF n’est pas une réforme foncière. Il vise à doter l’État, les structures publiques concernées et les collectivités territoriales des outils nécessaires à la gestion foncière : méthodes, institutionnalisation des dispositifs, renforcement des ressources humaines, matérielles et techniques, et digitalisation.
L’atelier a été clôturé par l’installation du Comité technique consultatif (CTC), composé de dix catégories d’acteurs. Il constitue un cadre de dialogue et de contribution des différentes parties prenantes au processus d’élaboration du Programme national de sécurisation foncière (PNSF).
Moctar Sissoko

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