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Expulsion de Abdou Mbow à l’Assemblée nationale : l’opposition sénégalaise dénonce une « atteinte aux droits parlementaires »

 

Réunis en conférence de presse ce jeudi 2 juillet à Dakar, les députés de l’opposition sénégalaise ont vigoureusement condamné l’expulsion de leur collègue Abdou Mbow lors du vote de la réforme constitutionnelle, survenue le 29 juin dernier à l’Assemblée nationale.

Composés des élus de la coalition Takku Wallu Sénégal et de députés non-inscrits, ils ont tenu à dénoncer, selon leurs termes, « la gravité des événements » qui ont marqué cette séance plénière. « Nous sommes ici pour alerter sur une situation insoutenable et inadmissible », a déclaré Me Aissata Tall Sall, présidente du groupe Takku Wallu Sénégal, évoquant l’intervention de la gendarmerie nationale à l’intérieur de l’hémicycle et la privation de parole subie par Abdou Mbow. Elle a également pointé la responsabilité du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, accusé d’avoir ordonné l’expulsion.

Selon Moussa Hamady Sarr, porte-parole des non-inscrits, il s’agit d’ »une violation d’exceptionnelle gravité du mandat parlementaire ». « Entraver la liberté de parole d’un député, c’est porter atteinte à la dignité de la représentation nationale et au suffrage universel, car ce sont les citoyens eux-mêmes qui, par ricochet, sont réduits au silence », a-t-il indiqué.

Les députés d’opposition ont par ailleurs exigé des explications publiques sur l’intervention de la gendarmerie, interpellant directement le ministre des Forces armées : « Nous voulons savoir qui a donné l’ordre d’exécution de cette mesure, sur quel fondement juridique, et en vertu de quelle disposition du règlement intérieur », ont-ils souligné, estimant que la gendarmerie, en tant qu’institution républicaine, ne doit exécuter aucun « ordre manifestement illégal ».

Enfin, les opposants ont renouvelé leur contestation de la légitimité d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale, tout en appelant à la vigilance de l’opinion publique face à ce qu’ils considèrent comme une « dérive institutionnelle ».

Moctar Sissoko