Depuis plusieurs années, le Fonds d’aide à la presse (FADP), censé soutenir la pluralité et la qualité de l’information au Sénégal, est devenu un instrument de favoritisme politique, sous la responsabilité directe du ministre de la Communication et du ministre des Finances.
Ce qui devrait être un levier pour la presse indépendante est devenu un outil de clientélisme et de contrôle, au détriment des journalistes, des travailleurs des médias et de l’opinion publique à cause d’une distribution injuste et opaque.
Aujourd’hui, le FADP illustre parfaitement ce déséquilibre :
Des titres privés majeurs et respectés, comme les jounaux: Libération, Enquête, L’Info ou La Tribune, n’ont reçu aucun financement.(nada)
À l’inverse, des médias proches du pouvoir bénéficient de sommes conséquentes comme:
Yoor Yoor de Serigne Saliou Gueye : 12,5 millions F CFA
Groupe Walf TTC: 42,5 millions F CFA
Groupe Sans Limites : 26 millions F CFA
Et paradoxalement, des grands groupes privés influents comme Futur Média (TFM, L’Obs, IGFM) et D-Media (SEN TV, La Tribune, Actusen) n’ont aucun franc alors qu’ils représentent une part majeure du paysage médiatique.
Parallèlement, 127 radios communautaires se sont partagées plus de 412 millions de FCFA, mais aucun critère objectif n’a été communiqué. Cette absence de transparence laisse place au doute et à l’arbitraire.
Les travailleurs de la presse, premières victimes car quand les fonds tombent, les dirigeants des médias bénéficiaires ne rendent aucun compte : pas de transparence, pas d’assemblée générale, aucun suivi pour les employés. Mais dès que l’aide publique se tarit, ce sont les journalistes et le personnel administratif qui doivent subir les coupes, travailler avec moins de moyens et “se serrer la ceinture”.
Cette logique révèle une injustice structurelle : l’argent public profite aux patrons et aux alliés politiques, mais jamais aux journalistes qui produisent l’information.
Le ministre de la Communication et le ministre des Finances ont une responsabilité directe :
Ils valident la répartition des fonds, sans garantir l’équité ni la transparence au vu de ce qui s’est passé.
Ils permettent un système où l’argent public est distribué selon la proximité politique, et non selon des critères journalistiques ou économiques.
Cette absence de contrôle favorise un clientélisme systémique qui affaiblit la presse indépendante.
Les conséquences directes pour le paysage médiatique sont:
L’affaiblissement de la presse indépendante : les titres privés de qualité, ignorés, peinent à survivre et à rémunérer leurs équipes.
Le renforcement des médias proches du pouvoir : ceux qui bénéficient des subventions publiques peuvent imposer leur ligne éditoriale sans contrainte économique.
La Perte de confiance du public : quand l’argent public est perçu comme un instrument de favoritisme, l’opinion se détourne de la presse et de ses contenus.
Pour que le FADP remplisse réellement sa mission, plusieurs mesures doivent être adoptées :
Transparence totale : publication annuelle de la liste des bénéficiaires avec les montants attribués.
Critères objectifs : taille du média, audience, qualité journalistique, besoins économiques réels.
Contrôle indépendant : un comité neutre pour valider et suivre l’utilisation des fonds.
Responsabilité des dirigeants : les ministres doivent rendre des comptes et garantir que l’argent public ne profite pas aux seuls alliés politiques.
Protection des travailleurs : les employés doivent être prioritaires dans la gestion des fonds, avec des mécanismes pour éviter les coupes arbitraires.
L’aide à la presse doit enfin remplir sa mission : soutenir la pluralité, l’indépendance et la qualité de l’information. Tant que le FADP restera un instrument de clientélisme et d’opacité, la presse sénégalaise continuera de payer le prix fort, ses travailleurs seront pénalisés, et le public privé d’une information indépendante et fiable.
Il est urgent que le ministre de la Communication et le ministre des Finances rendent des comptes et réforment un système devenu scandaleusement injuste. La presse mérite mieux que l’hypocrisie et le favoritisme.
Nous, Union des Panafricanistes Sénégalais – UPS, nous nous joignons à la conférence de presse de la « Presse Libre » ce mercredi 08/04/2026.
Le Président Mr Bougar DIOUF
Coalition Défense des Valeurs et des Fondamentaux Républicains C2SR
Union des Panafricanistes Sénégalais UPS

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